đ Marx La Recette De La Lutte Des Classes
Lalutte des classes est une théorie qui explique les enjeux et les tensions dans une société divisée en classes sociales, chacune luttant pour sa situation sociale et économique. Ce concept est apparu au xixe siÚcle chez les historiens français de la Restauration, François Guizot, l'initiateur, Augustin Thierry, Adolphe Thiers et François-Auguste Mignet, auxquels Karl Marx l'a
KarlMarx « Le Parti ouvrier allemand réclame, On remplace la lutte des classes existante par une formule creuse de journaliste : la « question sociale » , à la « solution » de laquelle on « prépare les voies ». Au lieu de découler du processus de transformation révolutionnaire de la société, « l'organisation socialiste de l'ensemble du travail résulte » de « l'aide de l
Lepuissant télescope de la Nasa a obtenu de spectaculaires images de Jupiter, permettant d'observer les aurores visibles aux pÎles de la planÚte. Skip to content août 24, 2022
Recettesde cuisine; Questions et rĂ©ponses . Comment Karl Marx a-t-il compris la rĂ©volution industrielle. par Vincent 05/31/2022. La rĂ©volution industrielle a transformĂ© des Ă©conomies qui fondĂ©es sur lâagriculture et lâartisanat en Ă©conomies fondĂ©es sur la grande industrie, la fabrication mĂ©canisĂ©e et le systĂšme dâusine. De nouvelles machines, de nouvelles
Maisla progressivitĂ© de lâimpĂŽt, la fiscalitĂ© sur le patrimoine, et surtout lâingĂ©rence permanente de la politique Ă©conomique dans la vie des entreprises empĂȘchent des millions de gens dây voir clair dans la logique de lâentreprise, dans le rĂŽle de lâentrepreneur et des actionnaires, dans la nature du profit. Ils se laissent alors emporter par des discours et des croyances
Visionde l'actualité sociale et économique par le Président de l'UD CFTC de Loire-Atlantique. dimanche 19 octobre 2014. Marx, la recette de la lutte des classes - ARTE Publié par ALIX à 21:26. Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Pinterest. Aucun commentaire: Enregistrer un commentaire . Article plus récent Article plus
citation1. L' histoire de toute société jusqu 'à nos jours n'a été que l' histoire de la lutte des classes. Manifeste du parti communiste (1848) de. Karl & Engels, Friedrich Marx. Références de Karl & Engels, Friedrich Marx - Biographie de Karl & Engels, Friedrich Marx. Plus sur cette citation >> Citation de Karl & Engels, Friedrich
LeâManifeste communisteâ est une brochure de propagande, pas une Ćuvre scientifique, mais elle est fondĂ©e sur les recherches de Marx. LâidĂ©e principale est que la lutte des classes est le moteur dâĂ©volution des sociĂ©tĂ©s. La nature essentielle des sociĂ©tĂ©s modernes est dans le conflit entre ouvriers et entrepreneurs, ressort du
Marxet la lutte des classes La thĂ©orie de la lutte de classe 2 -Le temps de la rĂ©volution La classe ouvriĂšre sâorganise en crĂ©ant des syndicats Le syndicat est une association de dĂ©fense des intĂ©rĂȘts professionnels. En France, les syndicats ne seront autorisĂ©s quâĂ partir de 1884. La C. G. T. est crĂ©e en 1995 et des partis politiques Les ouvriers se regroupent dans des partis
2 Pour Karl Marx le principe dĂ©terminant de lâĂ©volution de notre sociĂ©tĂ© est lâexploitation perpĂ©tuelle de lâhomme par lâhomme, une vision dualiste du mode production. Dans la vision marxiste, la lutte des classes est le moteur principal
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RĂ©alisation: Delphine Perret. Voix : Sophie De FĂŒrst. Production : Darjeeling. Delphine Perret a illustrĂ© les vidĂ©os qui accompagnent les six reportages de la sĂ©rie Capitalisme pour la chaine Arte. A partir du 14 octobre, rendez-vous pour 2 Ă©pisodes chaque mardi soir, sur les traces des grands penseurs qui ont jalonnĂ© lâhistoire du
Lalutte des classes est un des thĂšmes majeurs de Marx et, aussi, lâun de ceux qui a causĂ© le plus de mal Ă lâhumanitĂ©. Ă travers lui, il affirme que le dĂ©veloppement de lâhumanitĂ© aurait eu lieu grĂące Ă une dispute sans fin entre ceux qui ont de lâargent (les dominateurs) et ceux qui ont la force du travail (les dominĂ©s) et grĂące Ă la croissance des forces productives. L
UndJAXZ. Les classes sociales sont apparues avec un dĂ©veloppement des forces productives tel que puisse ĂȘtre dĂ©gagĂ©, par le travail, plus que ce qui est nĂ©cessaire Ă la survie, un surplus, un surproduit. Lâinvention de lâagriculture, au Proche-Orient, voici 11 000 ans, a permis une division de la sociĂ©tĂ© pour lâappropriation de ce surproduit social. Le surproduit est le surtravail des producteurs. Ces derniers travaillent plus que ce qui leur est nĂ©cessaire pour vivre, que la part des richesses qui leur est laissĂ©e. La classe exploiteuse vit du surproduit engendrĂ© par le surtravail de la classe productrice. Dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le surtravail, le travail en quantitĂ© plus considĂ©rable que ne lâexigent les besoins, est inĂ©vitable dans toutes les organisations ; mais dans la sociĂ©tĂ© capitaliste comme dans lâesclavage il repose sur un antagonisme, sur lâoisivetĂ© dâune partie de la sociĂ©tĂ©. Marx, Le Capital, III, 1864-1875, ch. 48 Le patriarcat est apparu. La classe exploiteuse a créé lâĂtat pour garantir son appropriation du surproduit de la sociĂ©tĂ©. LâĂtat a incorporĂ© les prĂȘtres et les religions ont lĂ©gitimĂ© la division sociale, lâinĂ©galitĂ© dans lâeffort productif et la disparitĂ© inverse de la rĂ©partition des richesses. Câest toujours dans le rapport immĂ©diat entre le propriĂ©taire des moyens de production et le producteur direct quâil faut chercher le secret le plus profond, le fondement cachĂ© de tout lâĂ©difice social et par consĂ©quent de la forme politique que prend le rapport de souverainetĂ© et de dĂ©pendance, bref la forme spĂ©cifique que revĂȘt lâĂtat Ă une pĂ©riode donnĂ©e. Marx, Le Capital, III, 1864-1875, ch. 47 Lâhistoire humaine est devenue celle de la lutte des classes. Lâhistoire de toute sociĂ©tĂ© jusquâĂ nos jours nâa Ă©tĂ© que lâhistoire de luttes de classes. Homme libre et esclave, patricien et plĂ©bĂ©ien, baron et serf, maĂźtre de jurande et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimĂ©s, en opposition constante, ont menĂ© une guerre ininterrompue, tantĂŽt ouverte, tantĂŽt dissimulĂ©e, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation rĂ©volutionnaire de la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre, soit par la destruction des deux classes en lutte. Marx, Manifeste du parti communiste, 1847 La rĂ©alitĂ© de la lutte entre les classes sociales nâest pas une dĂ©couverte du marxisme. Ă une pĂ©riode oĂč la classe capitaliste avait Ă remplir un rĂŽle historique au service du dĂ©veloppement des forces productives, contre la superstition et contre la noblesse, certains de ses porte-paroles nâhĂ©sitaient pas Ă employer le terme. Le troisiĂšme grand rĂ©sultat de lâaffranchissement des communes, câest la lutte des classes, lutte qui remplit lâhistoire moderne. LâEurope moderne est nĂ©e de la lutte des diverses classes de la sociĂ©tĂ©. Guizot, Histoire gĂ©nĂ©rale de la civilisation en Europe, 1828 Cette gĂ©nĂ©ralisation historique procĂšde du mode de production capitaliste. Câest seulement le jour oĂč le produit du surtravail prend la forme de la survaleur, oĂč le propriĂ©taire des moyens de production trouve en face de lui lâouvrier libre comme objet dâexploitation et oĂč il lâexploite dans le but de produire des marchandises, câest alors seulement que le moyen de production prend la forme de capital. Engels, Anti-DĂŒhring, 1876-1877, II, ch. 7 Le capitalisme domine progressivement la planĂšte, brisant ou soumettant les rapports prĂ©capitalistes. Il incorpore la science dans les forces productives, il dĂ©veloppe lâindustrie, il internationalise lâĂ©conomie, il crĂ©e la classe ouvriĂšre. Mais, une fois cette Ćuvre accomplie, il se transforme en un frein au progrĂšs. Ă un certain stade de leur dĂ©veloppement, les forces productives matĂ©rielles de la sociĂ©tĂ© entrent en contradiction avec les rapports de production existants⊠De formes de dĂ©veloppement des forces productives quâils Ă©taient, ces rapports en deviennent des entraves⊠Alors sâouvre une Ă©poque de rĂ©volution sociale. Marx, Contribution Ă la critique de lâĂ©conomie politique, 1859 Le maintien du capitalisme est dĂ©sormais une menace pour lâhumanitĂ©, pour la civilisation humaine. Depuis longtemps, la classe capitaliste nâest plus progressiste. Elle tend Ă se replier sur des frontiĂšres archaĂŻques, Ă remettre en cause la dĂ©mocratie, Ă revenir Ă la religion. La lutte des classes devient emblĂ©matique des notions dont ceux qui en bĂ©nĂ©ficient souhaitent camoufler lâexistence. Les gouvernements et les partis politiques bourgeois noient la classe ouvriĂšre dans la nation », le peuple », voire une immense classe moyenne » jamais dĂ©finie. Une classe moyenne forte est le fondement mĂȘme dâune Ă©conomie forte. Notre plan offre une aide rĂ©elle Ă la classe moyenne canadienne et Ă ceux et celles qui travaillent fort pour en faire partie. Parti libĂ©ral du Canada, Plateforme Ă©lectorale, 5 octobre 2015 La plupart des partis bourgeois soumettent politiquement les exploitĂ©s Ă lâĂtat des exploiteurs par lâopposition aux Ă©trangers. Les Ă©conomistes keynĂ©siens opposent les producteurs » des capitalistes industriels aux ouvriers en passant par les travailleurs indĂ©pendants Ă la finance ». Les populistes », dont les fascistes, combinent les deux dans un complotisme qui fait de la finance » quelque chose dâextĂ©rieur Ă la nation⊠alors que les fascistes sont financĂ©s en coulisse par le grand capital de leur pays. Tous les dĂ©fenseurs du capitalisme dĂ©cadent, des rĂ©formistes aux fascistes, sĂšment lâillusion de la solidaritĂ© entre les travailleurs et leurs exploiteurs locaux au sein de lâĂtat national. La tĂąche historique de la classe ouvriĂšre est de transformer les rapports sociaux par une rĂ©volution et dâouvrir la voie au socialisme international, au contrĂŽle des producteurs sur leur propre activitĂ©, Ă la disparition des classes, au dĂ©pĂ©rissement de lâĂtat et Ă lâeffacement des frontiĂšres. En se rendant maĂźtresse de lâensemble des moyens de production pour les employer socialement selon un plan, la sociĂ©tĂ© anĂ©antit lâasservissement antĂ©rieur des hommes Ă leurs propres moyens de production. La sociĂ©tĂ© ne peut pas se libĂ©rer sans libĂ©rer chaque individu. Engels, Anti-DĂŒhring, 1876-1877, III, ch. 3 Mais, pour se libĂ©rer du capitalisme, il ne suffit pas de reconnaĂźtre la lutte des classes, il faut la mener jusquâau bout, jusquâau renversement de la bourgeoisie par lâarmement des travailleurs, la destruction de lâĂtat bourgeois, lâexpropriation, le pouvoir des conseils de travailleurs. Celui-lĂ seul est un marxiste qui Ă©tend la reconnaissance de la lutte des classes jusquâĂ la reconnaissance de la dictature du prolĂ©tariat. LĂ©nine, LâĂtat et la rĂ©volution, 1917 2 novembre 2014-27 fĂ©vrier 2019
Les jeunes chinois ont des cours de marxisme mais lors de lâanniversaire de la naissance de Marx en 2018, nous avions prĂ©sentĂ© ce dessin animĂ© que le parti communiste chinois avait commandĂ© pour cĂ©lĂ©brer les deux cent ans de la naissance de Karl Marx Ă la jeunesse chinoise, nous le publions Ă nouveau pour lâautre anniversaire celui de sa mort mais aussi des 150 ans de la Commune qui lâa inspirĂ© politiquement en lui faisant dĂ©couvrir au-delĂ de la lutte des classes la nĂ©cessitĂ© de la dictature du prolĂ©tariat. Marianne en avait rĂ©alisĂ© une traduction en sous-titres. Nous dĂ©couvrions alors que la Chine Ă©tait bel et bien socialiste et depuis ce temps, nous avons Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă lâexistence de divers courants du marxisme en Chine, du parti communiste Ă ceux qui regrettent la rĂ©volution culturelle, ou comme le cinĂ©aste Wang Bing dans des documentaires racontent de la Chine contemporaine et de la façon dont les Chinois anonymes, pauvres, rarement visibles», y survivent. Il est Ă noter quâen dehors des islamistes terroristes minoritaires dans le Xinjiang et de la jeunesse dorĂ©e qui tente de crĂ©er des violences sous drapeau amĂ©ricain Ă Hong Kong, la contestation en Chine se veut de âgaucheâ et feint de sâattaquer aux mĂ©faits capitalistes plus encore quâĂ vanter la dĂ©mocratie occidentale en nette perte de vitesse dans lâopinion publique. Souvenez-vous de ce dessin animĂ© chinois prĂ©sentant la vie et lâĆuvre de Marx, dont Marianne Dunlop avait traduit en français les sous titres. Il est aisĂ© de le reconstituer puisque Ă la fin de chaque Ă©pisode apparait en fenĂȘtre le suivant mĂȘme si le dĂ©but reste le mĂȘme. Ce nâest pas le seul exemple Pour concurrencer les drames dâĂ©poque, les jeux vidĂ©o et les films hollywoodiens, le parti sâest alliĂ© aux forces commerciales pour transformer ses idĂ©ologies en jeux tĂ©lĂ©visĂ©s, en chansons pop et, en dessin animĂ©. Une industrie chinoise du cinĂ©ma se dĂ©veloppe sous de multiples formes qui emporte de plus en plus lâadhĂ©sion du public chinois, elle mĂȘle les films Ă grand spectacle, les documentaires sur la vie des hĂ©ros et hĂ©roĂŻnes prolĂ©tariennes avec une dimension Ă la fois patriotique et romantique, les dessins animĂ©s en font partie mais aprĂšs avoir copiĂ©, la Chine cherche de plus en plus son mode dâexpression spĂ©cifique. Il se passe en matiĂšre dâindustrie cinĂ©matographique et autres bien culturels, le phĂ©nomĂšne que le gouvernement chinois dĂ©crit comme celui de laâdouble circulationâ Utiliser lâĂ©norme marchĂ© chinois comme le moyen de peser sur les thĂšmes et les formes diffusĂ©es Ă lâexterieur avec des choix de collaboration dans lesquels sâaffirme de plus en plus une crĂ©ativitĂ© spĂ©cifique chinoise. Le premier Ă©pisode de 23 minutes de The Leader », a Ă©tĂ© publiĂ© sur le site de diffusion en continu dâanimation le plus populaire du pays, Bilibili, il couvre lâenfance et la jeunesse de Marx et a innovĂ© en prĂ©sentant Marx sous des aspects de jeune homme romantique. Cela dit aprĂšs ce premier Ă©pisode le dessin animĂ© ne fait pas seulement rĂȘver et ni apprendre aux garçons Ă sĂ©duire la femme quâils aiment. Il y a un vĂ©ritable effort conceptuel et prĂ©senter un manga qui initie rĂ©ellement Ă la philosophie, et aux textes fondateurs du Marxisme nâest pas Ă©vident, le pari est assez rĂ©ussi. La date les annĂ©es 1830 Le lieu la ville allemande de TrĂšves. Un jeune et beau Karl Marx prend part Ă un bal donnĂ© par la noble famille von Westphalen. Tout le monde dans la piĂšce regarde de travers ce prĂ©tendant de la classe moyenne â tout le monde sauf la belle Jenny von Westphalen. HypnotisĂ© par Jenny, une figure de princesse aux cheveux auburn, aux yeux roses et Ă la robe bleu clair, Marx lâinvite Ă danser pendant que le frĂšre de Jenny regarde la scĂšne avec colĂšre. Il veut que jâĂ©pouse un noble, mais je ne tâai que toi dans mon cĆur», dit Jenny Ă Marx alors quâils discutent dans le jardin aprĂšs le bal, les mains entrelacĂ©es. Quand vas-tu te marier?» Dit Marx. Dis-moi quand tu dĂ©cideras pour que je puisse tâĂ©pouser.» Le jeune et beau Marx dĂ©crit dans Le Guide » contraste avec le vieux Marx barbu que connaissent la plupart des Chinois mais on le voit peu Ă peu sâidentifier au titan thĂ©oricien et combattant. Le dessin animĂ© a provoquĂ© beaucoup de rĂ©actions sur les forums chinois, et pas seulement favorables. Sur Bilibili, de nombreux fans de dessins animĂ©s ont dĂ©plorĂ© le manque de qualitĂ© de la production par rapport aux dessins animĂ©s japonais. Certains se sont Ă©galement plaints du fait que le site de streaming permettait aux abonnĂ©s payants de regarder le prochain Ă©pisode avant tout le monde. Les capitalistes doivent donc regarder en premier?» A commentĂ© un utilisateur de Bilibili. Chen Daoyin, politologue basĂ© Ă Shanghai, dit que dans lâensemble, ce dessin animĂ© sera un moyen efficace dâĂ©duquer les jeunes Ă la version du marxisme par les dirigeants chinois Les adolescents seront plus enclins Ă accepter le marxisme sâils apprennent Ă connaĂźtre Marx en tant que personne, en premier lieu», a dĂ©clarĂ© Chen. Le but ultime est de leur faire reconnaĂźtre lâidĂ©ologie officielle du parti et sa lĂ©gitimitĂ© Ă gouverner. » Il y a en effet quelque chose que lâon dĂ©couvre dans le numĂ©ro du Point dont nous parlons par ailleurs. Le diplomate politologue de Singapour dont nous reproduisons des extraits de lâentretien insiste beaucoup lĂ -dessus, il parle Ă des hommes dâaffaires français capitalistes âTout observateur asiatique qui connait la Chine sait que le but du PCC nâest pas de ressusciter ou dâexporter le communisme dans le monde. Ce dernier nâest quâun instrument utilisĂ© par les dirigeants chinois pour gouverner. Le rĂȘve de ces dirigeants est de rendre sa grandeur Ă la Chine.â On retrouve chez ce politologue Ă plusieurs reprises le fait que les dirigeants doivent traduire les volontĂ©s de leur peuple, il fait rĂ©fĂ©rence bien sĂ»r Ă la sinophobie officielle de Biden, mais tout autant Ă la population chinoise qui ne supporterait pas que son gouvernement renonce Ă TaĂŻwan et soit de nouveau humiliĂ© comme durant les suites de la guerre de lâopium, et qui sur le fond adhĂšre au socialisme et veut aller vers ce qui lui parait la voie du progrĂšs autant que de lâindĂ©pendance nationale. Donc les dirigeants chinois doivent ĂȘtre communistes sâils veulent conduire la Chine vers âle rĂȘve chinoisâ. Danielle Bleitrach
Marx revient ! Ou plutĂŽt la lutte des classes, avec la publication, par lâun de ces brillants autant quâirritants polĂ©mistes dont la France intellectuelle a le secret, Emmanuel Todd, dâun ouvrage 1 intitulĂ© justement Les Luttes de classes en France au XXIe siĂšcle. Finies, les analyses de JĂ©rĂŽme Fourquet ? Quâest-ce Ă dire ? Pour Emmanuel Todd, les gilets jaunes, nos splendides gilets jaunes », ont Ă©tĂ© une sorte dâĂ©vĂ©nement inespĂ©rĂ©. Pourquoi ? Parce quâils ont remis lâĂ©conomique au premier rang. Finies, donc, pour notre auteur, les analyses dâun JĂ©rĂŽme Fourquet 2 faisant Ă©tat dâune France fragmentĂ©e, en archipel. Non, la fracture est Ă©conomique â et Ă©ducative. Elle permet de dessiner une sociĂ©tĂ© plus homogĂšne quâon ne croit, avec une Ă©lite pesant pour 1 % de la population, nommĂ©e aristocratie stato-financiĂšre » un mix entre la finance et les grands corps dâĂtat, dont Emmanuel Macron, on lâaura compris, serait le prototype, une petite bourgeoisie de cadres et professions intellectuelles en voie de dĂ©classement les losers » !, une masse ...Lire la suite sur le blog Une foi par semaine.
Le capitalisme a poussĂ© si loin les logiques dâappropriation privĂ©e que la question de la propriĂ©tĂ© semble Ă nouveau Ă lâordre du jour. Les vaccins ne devraient-ils pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des biens communs ? Peut-on Ă©viter la catastrophe climatique sans remettre en cause lâappropriation capitaliste de la nature ? Reste que la propriĂ©tĂ© est souvent perçue comme un problĂšme essentiellement Ă©conomique. Or, dans la pensĂ©e de Marx, elle est aussi et fondamentalement une question politique et stratĂ©gique. Comme le montre ici Isabelle Garo, le communisme dont il formule lâexigence suppose, non simplement un acte juridique instituant la propriĂ©tĂ© collective, mais un processus social de subversion des rapports de production capitaliste et une volontĂ© collective â et hautement politique â dâappropriation. Câest cela quâil nous faut retrouver, dans lâurgence que nous impose la crise multiforme du capitalisme. *** Revenir sur la propriĂ©tĂ© Lâanalyse du mode de production capitaliste proposĂ©e par Marx, du fait mĂȘme de la globaliteÌ et de la radicalitĂ© de la crise qui affecte aujourdâhui notre monde, tend Ă retrouver sa pertinence pour un nombre croissant de personnes, jusque dans le camp libĂ©ral. Mais on sĂ©pare en gĂ©nĂ©ral, voire on oppose, son analyse Ă©conomique et son projet politique. Ce que Marx nomme le communisme », se trouve ainsi rĂ©duit Ă la seule abolition de la propriĂ©tĂ© privĂ©e des moyens de production, en Ă©vacuant la question de lâarticulation entre critique radicale du capitalisme et construction progressive dâune alternative, construction impliquant lâensemble des exploitĂ©es et des dominĂ©es. Pourtant, prĂ©cisĂ©ment lorsquâil traite de la question de la propriĂ©tĂ©, Marx propose une approche fondamentalement politique et stratĂ©gique de la question communiste, qui reste largement mĂ©connue. Câest cette dimension stratĂ©gique quâil sâagit ici dâaborder, en partant de la question de la propriĂ©tĂ© et des communs, qui se trouve depuis quelques annĂ©es remise au centre de la rĂ©flexion contemporaine sur les alternatives. En effet, cette question de la propriĂ©tĂ© est dĂ©sormais le lieu dâun dĂ©bat trĂšs vif, qui porte sur le ou les commun-s, mais aussi sur la question des services publics, de leur dĂ©fense et de leur redĂ©finition. Face aÌ lâassaut des politiques neÌolibeÌrales lancĂ©es depuis quatre dĂ©cennies contre le droit du travail, face au deÌmanteÌlement des secteurs publics, eÌcole, santeÌ, transport, mais aussi face aÌ la puissance des acteurs juridiques et politiques qui en sont le relais â EÌtats nationaux, construction europeÌenne, traiteÌs internationaux, institutions financieÌres et politiques mondiales, etc. â et aÌ lâaccaparement capitaliste de la nature, il apparaĂźt urgent de reÌexplorer les voies dâune alternative situĂ©e sur ce terrain et partant des contestations quâon y rencontre. Sây ajoute le fait que, dans le cadre du capitalisme contemporain, le droit de proprieÌteÌ preÌsente des enjeux nouveaux, qui conduisent notamment aÌ lâinflation sans preÌceÌdent des brevets et aÌ lâemprise du droit de proprieÌteÌ intellectuelle, au seul beÌneÌfice des grandes entreprises internationales, sâemparant du vivant, de lâintelligence collective, de lâactiviteÌ sociale en geÌneÌral. Les profits gĂ©nĂ©rĂ©s par les vaccins contre la Covid-19 sont indissociables des barriĂšres mises Ă leur accĂšs libre et universel de par le monde. En guise de riposte, et dans une situation de faiblesse historique du mouvement ouvrier organisĂ© traditionnel, on assiste depuis quelques deÌcennies au redeÌploiement dâune reÌflexion eÌconomique et juridique, qui multiplie les suggestions tout en contournant Ă la fois la question de leur compatibilitĂ© mutuelle ainsi que la question stratĂ©gique du rapport de forces nĂ©cessaires Ă leur concrĂ©tisation au pluriel ou au singulier, salaire aÌ vie ou allocation universelle, coopeÌratives, deÌcroissance, reÌduction du temps de travail, taxes sur les transactions financieÌres, etc. Il nâen demeure pas moins que la theÌmatique de la proprieÌteÌ eÌmerge de nouveau sous une forme renouveleÌe, apreÌs une longue eÌclipse et son quasi-abandon par la majoritĂ© des organisations politiques de gauche. Antonio Negri propriĂ©tĂ© et autonomie Sur ce plan, lâapproche de Toni Negri continue de susciter lâintĂ©rĂȘt. Il est utile de la rĂ©sumer Ă grands traits afin de voir en quoi elle interroge le marxisme sur le terrain de lâanalyse de la propriĂ©tĂ©, mais aussi sur le terrain politique et stratĂ©gique de la transformation sociale. On rencontre cette analyse en particulier dans la trilogie reÌdigeÌe entre 2000 et 2009 en collaboration avec le theÌoricien ameÌricain Michael Hardt Empire, Multitude et Commonwealth. La mutation en cours du capitalisme rend selon eux inopeÌrantes les vieilles options socialistes et communistes. Leur objectif est donc de repenser la politique dans le cadre de la mondialisation capitaliste, en consideÌrant cette dernieÌre comme une eÌvolution finalement plus positive et prometteuse quâinquieÌtante, pour qui sait en repeÌrer les tendances souterraines. Negri nâhĂ©site pas Ă affirmer, sur un mode euphorique, que LâEmpire geÌre des identiteÌs hybrides, des hieÌrarchies flexibles et des eÌchanges pluriels, en modulant ses reÌseaux de commandement. Les couleurs nationales distinctes de la carte impeÌrialiste du monde se sont meÌleÌes dans lâarc-en-ciel mondial de lâEmpire »[1]. Pour Negri et Hardt, lâEmpire est donc devenu une reÌaliteÌ planeÌtaire, thĂšse quâils opposent aux theÌories marxistes de lâimpeÌrialisme. Car si lâEmpire deÌtient bien un reÌel pouvoir dâoppression, il preÌsenterait surtout des potentialiteÌs de libeÌration, qui condamnent aÌ la peÌremption les anciennes hypotheÌses politiques de deÌpassement du capitalisme, la disparition de ce dernier Ă©tant dâores et deÌjaÌ en cours LâEmpire preÌtend eÌtre le maiÌtre de ce monde parce quâil peut le deÌtruire quelle horreur et quelle illusion ! En reÌaliteÌ, nous sommes maiÌtres du monde parce que notre deÌsir et notre travail le reÌgeÌneÌrent continuellement »[2]. Autrement dit, il sâagirait simplement de prendre acte des tendances aÌ lâĆuvre et de les reÌorganiser et de les reÌorienter vers de nouvelles fins »[3]. Outre lâoptimisme forceneÌ qui marque cette proclamation, le grand tournant politique concerne la nature de la conflictualiteÌ sociale et la theÌse marxiste de la lutte des classes, remplaceÌe par la theÌmatique de la multitude. Une telle affirmation, deÌfendue et maintenue en deÌpit de tous les travaux sociologiques qui la deÌmentent, vise aÌ eÌtayer lâaffirmation de la disparition de la classe ouvrieÌre comme reÌaliteÌ sociale et politique et par suite comme sujet rĂ©volutionnaire potentiel. La perspective dâune abolition politique du capitalisme se trouve remplaceÌe par lâappel aÌ la simple reÌorientation de sa gestion et par le souhait dâune amplification de ses tendances immanentes, censĂ©es conduire dâelles-mĂȘmes au communisme. Lâargumentaire des nĂ©gristes tourne autour des questions de la propriĂ©tĂ© et de lâautonomie. Il repose sur lâideÌe que le travail immateÌriel, qui tendrait aÌ se geÌneÌraliser, implique immeÌdiatement interaction et coopeÌration sociales », aÌ la diffeÌrence des formes anteÌrieures du travail, organiseÌes et disciplineÌes de lâexteÌrieur. Pour Negri, eÌtre communiste, câest avant tout eÌtre contre lâEÌtat ». Cette opposition aÌ lâEÌtat, qui reflĂšte et justifie lâabandon politique de la redoutable question de sa conquĂȘte et de sa destruction, implique lâopposition aux formes priveÌes de la proprieÌteÌ, mais tout aussi bien aÌ ses formes publiques. Le commun se preÌsente avant tout comme travail commun, incarnant le communisme en acte contre tous ses deÌtournements, quâils soient capitalistes ou socialistes. Le commun ainsi redĂ©fini englobe aussi les langages que nous creÌons, les pratiques sociales que nous instaurons, les modes de socialiteÌ qui deÌfinissent nos relations, etc. »[4]. AÌ distance du concept traditionnel de bien commun, câest ici sur la coopeÌration que lâaccent est mis le travail cognitif et affectif produit en reÌgle geÌneÌrale une coopeÌration indeÌpendamment de lâautoriteÌ capitaliste, y compris dans les circonstances ouÌ lâexploitation et les contraintes sont les plus fortes, comme dans les centres dâappels ou les services de restauration »[5]. Negri et Hardt ne craignent donc pas dâaffirmer que lâautonomie se deÌtecte deÌs aÌ preÌsent au sein des secteurs les plus typiquement capitalistes ouÌ les salarieÌs sont les plus exploiteÌs et preÌcariseÌs, rien nâĂ©tant dit des conditions de travail et de salaire, ni du maintien massif des formes tayloriseÌes de la production. En dĂ©pit de son succĂšs persistant, une telle conception est en train de vieillir Ă vive allure du fait de son Ă©cart croissant avec les effets des politiques nĂ©olibĂ©rales. Mais le mĂ©rite des analyses de Negri et Hardt est dâinviter Ă relire la thĂ©orisation de la propriĂ©tĂ© par Marx dont ils placent la critique au centre de leur approche. Marx, penseur de la dĂ©possession En matiĂšre dâanalyse critique de la propriĂ©tĂ© capitaliste, Marx et Engels sont bien entendu des auteurs incontournables, mais il faut commencer par rappeler que la question de la propriĂ©tĂ© se situe au cĆur des traditions socialiste et communiste, dĂšs leur naissance. Dans lâĆuvre de Marx, la question de la propriĂ©tĂ© est omniprĂ©sente elle Ă©volue progressivement vers une dĂ©finition originale de la propriĂ©tĂ© collective combinĂ©e Ă une dĂ©fense de la propriĂ©tĂ© individuelle comme condition de lâĂ©mancipation des individus en tant que tels. Dans les paragraphes qui suivent, on abordera rapidement cette seule dimension politique et sa transformation. DĂšs les annĂ©es 1840, Marx sâefforce tout dâabord dâarticuler la question philosophique de lâalieÌnation, quâil hĂ©rite de Hegel et des Jeunes-HĂ©gĂ©liens, aÌ une deÌnonciation preÌciseÌe de la proprieÌteÌ priveÌe synonyme de dĂ©possession, mais aussi dâaliĂ©nation fondamentale des travailleurs son analyse de la loi sur les vols de bois, imposĂ©e par la DiĂšte rhĂ©nane en 1842, est le coup dâenvoi de cette rĂ©flexion. On y voit naĂźtre la theÌmatique de la reÌappropriation â reÌappropriation des richesses, mais aussi et surtout reÌappropriation de soi â qui relie ces dimensions, avant de prendre la forme dâun projet politique alternatif. Mais de façon Ă premiĂšre vue surprenante, au moment mĂȘme oĂč il se rĂ©clame du communisme, Marx deÌnonce dans les Manuscrits de 1844, le communisme grossier » comme volonteÌ unilateÌrale et obsessionnelle dâabolition de la proprieÌteÌ priveÌe, restant de ce fait meÌme assujetti aÌ cette dernieÌre. Ce communisme de premieÌre geÌneÌration, dâascendance babouviste, reste fondamentalement, aux yeux de Marx, un individualisme et un eÌgoiÌsme, simple geÌneÌralisation et acheÌvement » de la proprieÌteÌ priveÌe, qui nâa pas encore saisi lâessence positive de la proprieÌteÌ priveÌe », ni la nature humaine du besoin »[6]. La prise en compte de cette essence positive » laisse entrevoir une autre abolition, non pas neÌgation simple, mais neÌgation de la neÌgation, qui prend en compte lâensemble des rapports de lâhomme aÌ lui-meÌme ainsi quâaÌ la nature, offrant la vraie solution de lâantagonisme entre lâhomme et la nature, entre lâhomme et lâhomme, la vraie solution de la lutte entre existence et essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre liberteÌ et neÌcessiteÌ, entre individu et genre. Il est lâeÌnigme reÌsolue de lâhistoire et il se connaiÌt comme cette solution »[7]. Une fois surmontĂ© le caractĂšre dâabord abstrait et philosophique dâune telle conception, le communisme ne peut eÌtre conçu comme la simple abolition de ce qui est, mais comme la reprise rĂ©ellement critique de toute la richesse du deÌveloppement anteÌrieur », comme la reÌeÌlaboration des rapports sociaux existant aÌ partir dâeux-meÌmes. Cela vaut pour la proprieÌteÌ priveÌe, dont Marx considĂšre quâelle ne doit pas simplement laisser place aÌ la proprieÌteÌ commune, mais quâelle doit eÌtre radicalement redeÌfinie. Ă partir de 1845, Marx Ă©tudie son Ă©mergence et son rĂŽle historiques concrets, dans lâIdĂ©ologie allemande puis dans toutes ses Ćuvres ultĂ©rieures, situant cette analyse au cĆur de sa critique de lâĂ©conomie politique. La question de la propriĂ©tĂ© est lâangle dĂ©cisif en vue de comprendre la façon dont les producteurs directs se sont trouvĂ©s dĂ©possĂ©dĂ©s de leurs propres moyens de production. Elle soulĂšve la question politique du type de rĂ©appropriation, individuelle et collective, quâil sâagit dĂ©sormais dâenvisager. Dans le Capital, Marx preÌsente la dĂ©finition communiste de la proprieÌteÌ comme neÌgation de la neÌgation », preÌcisant cette fois quâil sâagit de reÌtablir de la proprieÌteÌ personnelle »[8]. LâoriginalitĂ© de Marx consiste donc Ă dĂ©placer la critique de la proprieÌteÌ priveÌe sur le terrain de la production et du travail, comme lieu originaire de la deÌpossession de soi, que les rapports juridiques de propriĂ©tĂ© enregistrent et lĂ©gitiment. Surmonter cette deÌpossession exigera de tout autres moyens que lâeÌgaliteÌ de revenu et la proprieÌteÌ collective, nĂ©gation simple de la propriĂ©tĂ© capitaliste, formes simplistes de la reÌappropriation preÌciseÌment parce quâelles ne prennent pas en compte la vraie nature de lâaliĂ©nation, sa transformation tendancielle de la force de travail en pure marchandise capitaliste. Les rapports de propriĂ©tĂ© sont lâinstrument et la forme de la domination de classe, tout autre chose donc quâune rĂ©partition inĂ©quitable des richesses. La propriĂ©tĂ©, question politique et stratĂ©gique En vertu de cette analyse historique et dynamique des rapports sociaux, Marx en vient Ă concevoir la transformation des rapports de propriĂ©tĂ© non pas comme lâhorizon lointain dâune collectivisation achevĂ©e, mais comme le ressort dâune mobilisation au prĂ©sent, sâappuyant sur les besoins sociaux que le capitalisme tout Ă la fois engendre, dĂ©voie et nie. En ce sens la question de la propriĂ©tĂ© telle que la pense Marx dĂ©finit moins le communisme comme organisation sociale Ă©tablie et bien dĂ©finie que lâintervention communiste au sein mĂȘme du capitalisme. Cette conception du communisme comme construction en acte de la mobilisation sâoppose Ă une dĂ©finition de lâalternative coupĂ©e des mĂ©diations qui rendent possible son Ă©laboration proprement politique de ce point de vue, la rĂ©flexion marxienne sur la propriĂ©tĂ© prĂ©sente bien une dimension politique et stratĂ©gique centrale. Ainsi, les toutes derniĂšres pages du Livre I du Capital affirment-elles que la centralisation croissante du capital sâaccompagne de la monteÌe de la forme coopeÌrative du proceÌs de travail », la centralisation des moyens de production et la socialisation du travail [atteignant] un point ouÌ elles deviennent incompatibles avec leur enveloppe capitaliste. On la fait sauter. Lâheure de la proprieÌteÌ priveÌe a sonneÌ. » Et Marx ajoute, sur un mode tout aussi affirmatif la production capitaliste engendre aÌ son tour, avec lâineÌluctabiliteÌ dâun processus naturel sa propre neÌgation. Câest la neÌgation de la neÌgation »[9]. La tonaliteÌ deÌterministe de ces lignes, son retour apparent Ă la philosophie hĂ©gĂ©lienne de lâhistoire, vont inciter bien des lecteurs aÌ les extraire dâune analyse en reÌaliteÌ bien plus complexe et profondĂ©ment politique. Le texte dont elles sont extraites, rarement citĂ© en entier, est en rĂ©alitĂ© entrelardeÌ de consideÌrations qui reÌinjectent les luttes de classes et la conscience qui les accompagne au sein de la transformation sociale. En effet, Marx preÌcise aussitoÌt que, du coÌteÌ du capital, la logique de monopole sâimpose progressivement et meÌcaniquement, alors que du coÌteÌ des ouvriers sâaccroiÌt le poids de la miseÌre, de lâoppression, de la servitude, de la deÌgeÌneÌrescence, de lâexploitation, mais aussi la coleÌre dâune classe ouvrieÌre en constante augmentation, formeÌe, unifieÌe et organiseÌe par le meÌcanisme meÌme du proceÌs de production capitaliste »[10]. Le communisme est donc, non un projet lointain et abstrait, mais ce qui caractĂ©rise au prĂ©sent un certain type dâintervention politique et de mobilisation collective. En ce sens, le communisme vise avant tout lâeÌlaboration consciente de ses propres preÌsuppositions concreÌtes câest-Ă -dire de conditions historiques quâil trouve dĂ©jĂ lĂ et quâil transforme Ă mesure en meÌme temps que lâĂ©laboration dâune finaliteÌ en partie immanente au reÌtablissement de la proprieÌteÌ individuelle fondeÌe sur les conqueÌtes meÌmes de lâeÌre capitaliste »[11]. Mais cette immanence nâa rien de la transformation automatique et immanente du capitalisme dĂ©crite par Negri. Pour Marx, câest prĂ©cisĂ©ment la nĂ©cessitĂ© de la conscience collective comme composante centrale de la lutte de classe, qui fait du communisme cet effort, sans preÌceÌdent au cours de lâhistoire humaine, en vue de parvenir Ă la maiÌtrise consciente par lâhumaniteÌ de sa propre organisation sociale et de son rapport durable Ă la nature. Car la prise en compte du rapport des hommes Ă la nature, condition mĂȘme de lâexistence humaine, que Marx pense au travers de la notion de mĂ©tabolisme », est la grande innovation des annĂ©es 1860. Lâabolition de la propriĂ©tĂ© capitaliste a prĂ©cisĂ©ment pour enjeu lâorganisation de rapports de production Ă la fois dĂ©mocratiques et rationnels, rendant possible un mĂ©tabolisme social et naturel soutenable. Ainsi, au-delĂ de la question juridique de la propriĂ©tĂ©, la rĂ©appropriation se trouve eÌlargie par Marx au-delaÌ de la viseÌe du reÌtablissement de la proprieÌteÌ individuelle, conçue comme droit dâacceÌs garanti aÌ des biens et aÌ des services, en direction dâassurer les conditions de leur production, de leur reproduction et de leur controÌle collectif, mais aussi en vue du deÌveloppement des capaciteÌs individuelles. Cette rĂ©appropriation est un moteur de la lutte de classe, dans sa dimension fonciĂšrement anticapitaliste et elle est Ă organiser comme telle la stratĂ©gie est intervention militante dans un contexte historique et politique toujours singulier. Les producteurs associeÌs ont aÌ se rĂ©approprier ce que, paradoxalement, ils nâont en reÌaliteÌ jamais possĂ©dĂ©, mais qui leur fait deÌsormais manifestement deÌfaut et dont la conquĂȘte est urgente le controÌle collectif, dĂ©mocratique, de leurs conditions de travail, de la production et de la reÌpartition des richesses produites. Pour Marx, les rapports sociaux capitalistes imposent par la violence leur forme aÌ une activiteÌ dont les reÌsultats, mais aussi lâexercice se voient ainsi confisqueÌs, cette deÌpossession fondamentale atteignant de plein fouet le sujet humain en tant que tel, dans son individualitĂ©, en mĂȘme temps quâelle dĂ©truit le mĂ©tabolisme hommes-nature. Une fois redeÌfinie lâampleur de cette reÌappropriation, qui nâest pas le retour aÌ un eÌtat premier, mais lâaccomplissement de potentialiteÌs ineÌdites, toute la difficulteÌ est de la convertir en un objectif politique creÌdible et mobilisateur, placĂ© au cĆur dâune strateÌgie reÌvolutionnaire se construisant Ă mesure. Ainsi, câest bien au cĆur du laboratoire de la production » quâil faut installer la question communiste contre lâeÌconomie politique bourgeoise, Marx sâemploie Ă montrer que le travail est la substance de la valeur, mais que lui-meÌme nâest pas valeur, la force de travail nâĂ©tant pas produite comme une marchandise, mĂȘme si elle se trouve Ă©changĂ©e comme telle. Et câest en ce point preÌcis quâexploitation et domination se nouent aux aspirations quâelles Ă©crasent. Elles forment une contradiction aussi profondeÌment eÌconomique et sociale quâindividuelle et politique ou, plus exactement politisante, câest-Ă -dire condition de possibilitĂ© de la lutte, condition non suffisante, mais nĂ©cessaire. Car ce sont leurs capaciteÌs aÌ la fois forgeÌes et deÌnieÌes, leur eÌmancipation entrevue et confisqueÌe, qui conduisent les producteurs aÌ lutter pour la reÌduction de la journeÌe de travail et de ce fait mĂȘme contre le capitalisme en tant que tel. Un communisme de la rĂ©appropriation La question de la propriĂ©tĂ© telle que la conçoit Marx sâĂ©largit ici Ă la question de lâĂ©mancipation et dâune rĂ©appropriation pensĂ©e comme rapport Ă soi, qui sont les ressorts de la mobilisation en mĂȘme temps que ses buts. On est ici aux antipodes dâun programme de redistribution des richesses, qui serait extĂ©rieur et antĂ©rieur aux luttes sociales et Ă leurs acteurs autant que dâune montĂ©e irrĂ©sistible des formes de coopĂ©ration Ă lâintĂ©rieur des rapports capitalistes dâexploitation. Marx prĂ©cisera cette analyse Ă lâoccasion de la Commune de Paris, mais aussi dans les brouillons de sa lettre cĂ©lĂšbre Ă VĂ©ra Zassoulitch de 1881, concernant la propriĂ©tĂ© fonciĂšre et lâorganisation de la commune russe traditionnelle, lâobchtchina ou mir. Dans ces deux cas, et dans le droit fil de son analyse antĂ©rieure, câest non pas la rĂ©alisation dâun programme social prĂ©dĂ©fini qui lâintĂ©resse, mais la construction de la mobilisation politique rĂ©volutionnaire et la façon dont elle peut se traduire dans des mesures sociales affrontant la logique capitaliste, enclenchant un processus de transformation rĂ©volutionnaire, nĂ©cessairement long et heurtĂ©. Dans ces brouillons, hostile Ă toute simplification et Ă toute conception dĂ©ductive de la stratĂ©gie, Marx nâĂ©pouse aucune des analyses des courants issus du populisme russe, quâil sâagisse de la fĂ©tichisation des formes prĂ©capitalistes ou de lâapologie du stade capitaliste. Se gardant de prĂ©dire quoi que ce soit, il envisage que la commune rurale russe puisse, Ă certaines conditions, se dĂ©gager de ses caractĂšres primitifs » et se dĂ©velopper directement comme Ă©lĂ©ment de la production collective sur une Ă©chelle nationale », et cela tout en condamnant clairement son caractĂšre patriarcal. Il prĂ©cise câest justement grĂące Ă la contemporanĂ©itĂ© de la production capitaliste quâelle sâen peut approprier tous les acquĂȘts positifs et sans passer par ses pĂ©ripĂ©ties terribles, affreuses. La Russie ne vit pas isolĂ©e du monde moderne ; elle nâest pas non plus la proie dâun conquĂ©rant Ă©tranger Ă lâinstar des Indes Orientales »[12]. Il sâagit donc de faire Ă©voluer la forme communale tout en la conservant, initiant son dĂ©passement, au sens complexe du terme allemand dâAufhebung qui penche ici davantage vers lâidĂ©e de transformation » que vers celle dâ abolition ». Mais cette option est avant tout une hypothĂšse politique, subordonnĂ©e au dĂ©clenchement dâun processus rĂ©volutionnaire. Et, dans sa prĂ©face de 1882 pour lâĂ©dition russe du Manifeste, Marx ajoute une nouvelle condition, promise Ă une longue controverse, la conjonction entre rĂ©volution russe et rĂ©volution prolĂ©tarienne mondiale si la rĂ©volution russe donne le signal dâune rĂ©volution prolĂ©tarienne en Occident, et que donc toutes deux se complĂštent, lâactuelle propriĂ©tĂ© commune du sol en Russie pourra servir de point de dĂ©part Ă une Ă©volution communiste »[13]. Un tel raisonnement relĂšve de la critique de lâĂ©conomie politique en ce quâelle est, prĂ©cisĂ©ment, politique si lâon considĂšre que la logique de fond qui a engendrĂ© le capitalisme est, non pas lâexpansion du marchĂ©, mais la sĂ©paration radicale du producteur dâavec les moyens de production », et plus prĂ©cisĂ©ment encore lâexpropriation des cultivateurs », et que le communisme vise la rĂ©appropriation par les individus de leurs propres forces sociales, alors des formes sociales antĂ©rieures Ă cette sĂ©paration et localement persistantes aprĂšs elle peuvent offrir des points dâappui Ă une rĂ©volution tendanciellement mondiale, mais qui se construira dans des conditions nĂ©cessairement nationales. Cette rĂ©flexion historique du Marx de la maturitĂ© sur les causes de la naissance du capitalisme et celles de sa possible disparition reste donc insĂ©parable du projet rĂ©volutionnaire de son abolition et dâune rĂ©flexion stratĂ©gique sur les conditions concrĂštes permettant de lâenvisager. Marx souligne quâen tant que forme sociale fondĂ©e sur le partage et lâĂ©galitĂ©, sur la propriĂ©tĂ© commune et la propriĂ©tĂ© individuelle-personnelle, la commune russe se distingue des communautĂ©s plus archaĂŻques » le communisme marxien nâest pas un collectivisme, mais un certain type de socialisation des moyens de production. Au plan stratĂ©gique, la question de la propriĂ©tĂ© reste donc cruciale Ă ses yeux, Ă condition de la considĂ©rer non comme forme strictement juridique, mais comme levier politique et comme gradient du dĂ©veloppement individuel une telle rĂ©flexion en termes de formes et de dynamiques contradictoires, enracinĂ©es dans des conditions toujours concrĂštes et impliquant la conscience croissante Ă mesure des acteurs de la transformation politique et sociale, conserve une grande actualitĂ©, Ă la condition de nây chercher aucune recette toute prĂȘte. Aux yeux de Marx, câest la volontĂ© individuelle et collective de rĂ©appropriation qui est le moteur de toute rĂ©volution, sachant quâil lui reste Ă se doter des formes politiques organisĂ©es de son Ă©mancipation. Au 21e siĂšcle cette question reste Ă lâĂ©vidence devant nous, par-delĂ la perspective Ă©troitement juridique des communs. * Illustration WorldTraveller101 / Wikimedia Commons. Notes [1] Michael Hardt et Antonio Negri, Empire, trad. fr. Canal, Paris, Exils, 2000, p. 17. [2] Ibid., p. 467. [3] Ibid., p. 20. [4] Michael Hardt et Antonio Negri, Commonwealth, trad. fr. E. Boyer, Paris, Gallimard, 2013, p. 209. [5] Ibid., p. 210. [6] Karl Marx, Manuscrits de 1844, trad. fr. E. Bottigelli, Paris, Ăditions Sociales, 1968, p. 87. [7] Ibid., p. 86. [8] Karl Marx, Le Capital, livre 1, trad. fr. Lefebvre, Paris, Puf, 1993, p. 856. [9] Ibid. [10] Ibid. [11] Ibid., p. 857. [12] Karl Marx, Projet de rĂ©ponse Ă VĂ©ra Zassoulitch, [13] Karl Marx, Friedrich Engels, PrĂ©face Ă lâĂ©dition russe de 1882 », Manifeste du parti communiste, trad. G. Cornillet, Editions sociales, Paris, 1986, p. 115.
marx la recette de la lutte des classes