🎇 Marx La Recette De La Lutte Des Classes

Lalutte des classes est une thĂ©orie qui explique les enjeux et les tensions dans une sociĂ©tĂ© divisĂ©e en classes sociales, chacune luttant pour sa situation sociale et Ă©conomique. Ce concept est apparu au xixe siĂšcle chez les historiens français de la Restauration, François Guizot, l'initiateur, Augustin Thierry, Adolphe Thiers et François-Auguste Mignet, auxquels Karl Marx l'a KarlMarx « Le Parti ouvrier allemand rĂ©clame, On remplace la lutte des classes existante par une formule creuse de journaliste : la « question sociale » , Ă  la « solution » de laquelle on « prĂ©pare les voies ». Au lieu de dĂ©couler du processus de transformation rĂ©volutionnaire de la sociĂ©tĂ©, « l'organisation socialiste de l'ensemble du travail rĂ©sulte » de « l'aide de l Lepuissant tĂ©lescope de la Nasa a obtenu de spectaculaires images de Jupiter, permettant d'observer les aurores visibles aux pĂŽles de la planĂšte. Skip to content aoĂ»t 24, 2022 Recettesde cuisine; Questions et rĂ©ponses . Comment Karl Marx a-t-il compris la rĂ©volution industrielle. par Vincent 05/31/2022. La rĂ©volution industrielle a transformĂ© des Ă©conomies qui fondĂ©es sur l’agriculture et l’artisanat en Ă©conomies fondĂ©es sur la grande industrie, la fabrication mĂ©canisĂ©e et le systĂšme d’usine. De nouvelles machines, de nouvelles Maisla progressivitĂ© de l’impĂŽt, la fiscalitĂ© sur le patrimoine, et surtout l’ingĂ©rence permanente de la politique Ă©conomique dans la vie des entreprises empĂȘchent des millions de gens d’y voir clair dans la logique de l’entreprise, dans le rĂŽle de l’entrepreneur et des actionnaires, dans la nature du profit. Ils se laissent alors emporter par des discours et des croyances Visionde l'actualitĂ© sociale et Ă©conomique par le PrĂ©sident de l'UD CFTC de Loire-Atlantique. dimanche 19 octobre 2014. Marx, la recette de la lutte des classes - ARTE PubliĂ© par ALIX Ă  21:26. Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Pinterest. Aucun commentaire: Enregistrer un commentaire . Article plus rĂ©cent Article plus citation1. L' histoire de toute sociĂ©tĂ© jusqu 'Ă  nos jours n'a Ă©tĂ© que l' histoire de la lutte des classes. Manifeste du parti communiste (1848) de. Karl & Engels, Friedrich Marx. RĂ©fĂ©rences de Karl & Engels, Friedrich Marx - Biographie de Karl & Engels, Friedrich Marx. Plus sur cette citation >> Citation de Karl & Engels, Friedrich Le‘Manifeste communiste’ est une brochure de propagande, pas une Ɠuvre scientifique, mais elle est fondĂ©e sur les recherches de Marx. L’idĂ©e principale est que la lutte des classes est le moteur d’évolution des sociĂ©tĂ©s. La nature essentielle des sociĂ©tĂ©s modernes est dans le conflit entre ouvriers et entrepreneurs, ressort du Marxet la lutte des classes La thĂ©orie de la lutte de classe 2 -Le temps de la rĂ©volution La classe ouvriĂšre s’organise en crĂ©ant des syndicats Le syndicat est une association de dĂ©fense des intĂ©rĂȘts professionnels. En France, les syndicats ne seront autorisĂ©s qu’à partir de 1884. La C. G. T. est crĂ©e en 1995 et des partis politiques Les ouvriers se regroupent dans des partis 2 Pour Karl Marx le principe dĂ©terminant de l’évolution de notre sociĂ©tĂ© est l’exploitation perpĂ©tuelle de l’homme par l’homme, une vision dualiste du mode production. Dans la vision marxiste, la lutte des classes est le moteur principal Marx la recette de la lutte des classes Awards and Nominations. Menu. Movies. Release Calendar DVD & Blu-ray Releases Top 250 Movies Most Popular Movies Browse Movies by Genre Top Box Office Showtimes & Tickets In Theaters Coming Soon Movie News India Movie Spotlight. TV Shows. What's on TV & Streaming Top 250 TV Shows Most Popular TV Shows Browse TV Marx la recette de la lutte des classes (2014) Company Credits. It looks like we don't have any Company Credits for this title yet. Be the first to contribute! Just click the "Edit page" button at the bottom of the page or learn more in the Company Credits submission guide. See also . ses partenaires utilisent des cookies ou traceurs pour mesurer la performance publicitaire et du contenu, pour afficher de la publicitĂ© personnalisĂ©e en fonction de votre navigation et de votre profil ; pour personnaliser l'affichage des contenus sur le site en fonction de ce que vous avez prĂ©cĂ©demment consultĂ© ; ou pour vous permettre d'interagir avec RĂ©alisation: Delphine Perret. Voix : Sophie De FĂŒrst. Production : Darjeeling. Delphine Perret a illustrĂ© les vidĂ©os qui accompagnent les six reportages de la sĂ©rie Capitalisme pour la chaine Arte. A partir du 14 octobre, rendez-vous pour 2 Ă©pisodes chaque mardi soir, sur les traces des grands penseurs qui ont jalonnĂ© l’histoire du Lalutte des classes est un des thĂšmes majeurs de Marx et, aussi, l’un de ceux qui a causĂ© le plus de mal Ă  l’humanitĂ©. À travers lui, il affirme que le dĂ©veloppement de l’humanitĂ© aurait eu lieu grĂące Ă  une dispute sans fin entre ceux qui ont de l’argent (les dominateurs) et ceux qui ont la force du travail (les dominĂ©s) et grĂące Ă  la croissance des forces productives. L UndJAXZ. Les classes sociales sont apparues avec un dĂ©veloppement des forces productives tel que puisse ĂȘtre dĂ©gagĂ©, par le travail, plus que ce qui est nĂ©cessaire Ă  la survie, un surplus, un surproduit. L’invention de l’agriculture, au Proche-Orient, voici 11 000 ans, a permis une division de la sociĂ©tĂ© pour l’appropriation de ce surproduit social. Le surproduit est le surtravail des producteurs. Ces derniers travaillent plus que ce qui leur est nĂ©cessaire pour vivre, que la part des richesses qui leur est laissĂ©e. La classe exploiteuse vit du surproduit engendrĂ© par le surtravail de la classe productrice. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le surtravail, le travail en quantitĂ© plus considĂ©rable que ne l’exigent les besoins, est inĂ©vitable dans toutes les organisations ; mais dans la sociĂ©tĂ© capitaliste comme dans l’esclavage il repose sur un antagonisme, sur l’oisivetĂ© d’une partie de la sociĂ©tĂ©. Marx, Le Capital, III, 1864-1875, ch. 48 Le patriarcat est apparu. La classe exploiteuse a créé l’État pour garantir son appropriation du surproduit de la sociĂ©tĂ©. L’État a incorporĂ© les prĂȘtres et les religions ont lĂ©gitimĂ© la division sociale, l’inĂ©galitĂ© dans l’effort productif et la disparitĂ© inverse de la rĂ©partition des richesses. C’est toujours dans le rapport immĂ©diat entre le propriĂ©taire des moyens de production et le producteur direct qu’il faut chercher le secret le plus profond, le fondement cachĂ© de tout l’édifice social et par consĂ©quent de la forme politique que prend le rapport de souverainetĂ© et de dĂ©pendance, bref la forme spĂ©cifique que revĂȘt l’État Ă  une pĂ©riode donnĂ©e. Marx, Le Capital, III, 1864-1875, ch. 47 L’histoire humaine est devenue celle de la lutte des classes. L’histoire de toute sociĂ©tĂ© jusqu’à nos jours n’a Ă©tĂ© que l’histoire de luttes de classes. Homme libre et esclave, patricien et plĂ©bĂ©ien, baron et serf, maĂźtre de jurande et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimĂ©s, en opposition constante, ont menĂ© une guerre ininterrompue, tantĂŽt ouverte, tantĂŽt dissimulĂ©e, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation rĂ©volutionnaire de la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre, soit par la destruction des deux classes en lutte. Marx, Manifeste du parti communiste, 1847 La rĂ©alitĂ© de la lutte entre les classes sociales n’est pas une dĂ©couverte du marxisme. À une pĂ©riode oĂč la classe capitaliste avait Ă  remplir un rĂŽle historique au service du dĂ©veloppement des forces productives, contre la superstition et contre la noblesse, certains de ses porte-paroles n’hĂ©sitaient pas Ă  employer le terme. Le troisiĂšme grand rĂ©sultat de l’affranchissement des communes, c’est la lutte des classes, lutte qui remplit l’histoire moderne. L’Europe moderne est nĂ©e de la lutte des diverses classes de la sociĂ©tĂ©. Guizot, Histoire gĂ©nĂ©rale de la civilisation en Europe, 1828 Cette gĂ©nĂ©ralisation historique procĂšde du mode de production capitaliste. C’est seulement le jour oĂč le produit du surtravail prend la forme de la survaleur, oĂč le propriĂ©taire des moyens de production trouve en face de lui l’ouvrier libre comme objet d’exploitation et oĂč il l’exploite dans le but de produire des marchandises, c’est alors seulement que le moyen de production prend la forme de capital. Engels, Anti-DĂŒhring, 1876-1877, II, ch. 7 Le capitalisme domine progressivement la planĂšte, brisant ou soumettant les rapports prĂ©capitalistes. Il incorpore la science dans les forces productives, il dĂ©veloppe l’industrie, il internationalise l’économie, il crĂ©e la classe ouvriĂšre. Mais, une fois cette Ɠuvre accomplie, il se transforme en un frein au progrĂšs. À un certain stade de leur dĂ©veloppement, les forces productives matĂ©rielles de la sociĂ©tĂ© entrent en contradiction avec les rapports de production existants
 De formes de dĂ©veloppement des forces productives qu’ils Ă©taient, ces rapports en deviennent des entraves
 Alors s’ouvre une Ă©poque de rĂ©volution sociale. Marx, Contribution Ă  la critique de l’économie politique, 1859 Le maintien du capitalisme est dĂ©sormais une menace pour l’humanitĂ©, pour la civilisation humaine. Depuis longtemps, la classe capitaliste n’est plus progressiste. Elle tend Ă  se replier sur des frontiĂšres archaĂŻques, Ă  remettre en cause la dĂ©mocratie, Ă  revenir Ă  la religion. La lutte des classes devient emblĂ©matique des notions dont ceux qui en bĂ©nĂ©ficient souhaitent camoufler l’existence. Les gouvernements et les partis politiques bourgeois noient la classe ouvriĂšre dans la nation », le peuple », voire une immense classe moyenne » jamais dĂ©finie. Une classe moyenne forte est le fondement mĂȘme d’une Ă©conomie forte. Notre plan offre une aide rĂ©elle Ă  la classe moyenne canadienne et Ă  ceux et celles qui travaillent fort pour en faire partie. Parti libĂ©ral du Canada, Plateforme Ă©lectorale, 5 octobre 2015 La plupart des partis bourgeois soumettent politiquement les exploitĂ©s Ă  l’État des exploiteurs par l’opposition aux Ă©trangers. Les Ă©conomistes keynĂ©siens opposent les producteurs » des capitalistes industriels aux ouvriers en passant par les travailleurs indĂ©pendants Ă  la finance ». Les populistes », dont les fascistes, combinent les deux dans un complotisme qui fait de la finance » quelque chose d’extĂ©rieur Ă  la nation
 alors que les fascistes sont financĂ©s en coulisse par le grand capital de leur pays. Tous les dĂ©fenseurs du capitalisme dĂ©cadent, des rĂ©formistes aux fascistes, sĂšment l’illusion de la solidaritĂ© entre les travailleurs et leurs exploiteurs locaux au sein de l’État national. La tĂąche historique de la classe ouvriĂšre est de transformer les rapports sociaux par une rĂ©volution et d’ouvrir la voie au socialisme international, au contrĂŽle des producteurs sur leur propre activitĂ©, Ă  la disparition des classes, au dĂ©pĂ©rissement de l’État et Ă  l’effacement des frontiĂšres. En se rendant maĂźtresse de l’ensemble des moyens de production pour les employer socialement selon un plan, la sociĂ©tĂ© anĂ©antit l’asservissement antĂ©rieur des hommes Ă  leurs propres moyens de production. La sociĂ©tĂ© ne peut pas se libĂ©rer sans libĂ©rer chaque individu. Engels, Anti-DĂŒhring, 1876-1877, III, ch. 3 Mais, pour se libĂ©rer du capitalisme, il ne suffit pas de reconnaĂźtre la lutte des classes, il faut la mener jusqu’au bout, jusqu’au renversement de la bourgeoisie par l’armement des travailleurs, la destruction de l’État bourgeois, l’expropriation, le pouvoir des conseils de travailleurs. Celui-lĂ  seul est un marxiste qui Ă©tend la reconnaissance de la lutte des classes jusqu’à la reconnaissance de la dictature du prolĂ©tariat. LĂ©nine, L’État et la rĂ©volution, 1917 2 novembre 2014-27 fĂ©vrier 2019 Les jeunes chinois ont des cours de marxisme mais lors de l’anniversaire de la naissance de Marx en 2018, nous avions prĂ©sentĂ© ce dessin animĂ© que le parti communiste chinois avait commandĂ© pour cĂ©lĂ©brer les deux cent ans de la naissance de Karl Marx Ă  la jeunesse chinoise, nous le publions Ă  nouveau pour l’autre anniversaire celui de sa mort mais aussi des 150 ans de la Commune qui l’a inspirĂ© politiquement en lui faisant dĂ©couvrir au-delĂ  de la lutte des classes la nĂ©cessitĂ© de la dictature du prolĂ©tariat. Marianne en avait rĂ©alisĂ© une traduction en sous-titres. Nous dĂ©couvrions alors que la Chine Ă©tait bel et bien socialiste et depuis ce temps, nous avons Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  l’existence de divers courants du marxisme en Chine, du parti communiste Ă  ceux qui regrettent la rĂ©volution culturelle, ou comme le cinĂ©aste Wang Bing dans des documentaires racontent de la Chine contemporaine et de la façon dont les Chinois anonymes, pauvres, rarement visibles», y survivent. Il est Ă  noter qu’en dehors des islamistes terroristes minoritaires dans le Xinjiang et de la jeunesse dorĂ©e qui tente de crĂ©er des violences sous drapeau amĂ©ricain Ă  Hong Kong, la contestation en Chine se veut de “gauche” et feint de s’attaquer aux mĂ©faits capitalistes plus encore qu’à vanter la dĂ©mocratie occidentale en nette perte de vitesse dans l’opinion publique. Souvenez-vous de ce dessin animĂ© chinois prĂ©sentant la vie et l’Ɠuvre de Marx, dont Marianne Dunlop avait traduit en français les sous titres. Il est aisĂ© de le reconstituer puisque Ă  la fin de chaque Ă©pisode apparait en fenĂȘtre le suivant mĂȘme si le dĂ©but reste le mĂȘme. Ce n’est pas le seul exemple Pour concurrencer les drames d’époque, les jeux vidĂ©o et les films hollywoodiens, le parti s’est alliĂ© aux forces commerciales pour transformer ses idĂ©ologies en jeux tĂ©lĂ©visĂ©s, en chansons pop et, en dessin animĂ©. Une industrie chinoise du cinĂ©ma se dĂ©veloppe sous de multiples formes qui emporte de plus en plus l’adhĂ©sion du public chinois, elle mĂȘle les films Ă  grand spectacle, les documentaires sur la vie des hĂ©ros et hĂ©roĂŻnes prolĂ©tariennes avec une dimension Ă  la fois patriotique et romantique, les dessins animĂ©s en font partie mais aprĂšs avoir copiĂ©, la Chine cherche de plus en plus son mode d’expression spĂ©cifique. Il se passe en matiĂšre d’industrie cinĂ©matographique et autres bien culturels, le phĂ©nomĂšne que le gouvernement chinois dĂ©crit comme celui de la”double circulation” Utiliser l’énorme marchĂ© chinois comme le moyen de peser sur les thĂšmes et les formes diffusĂ©es Ă  l’exterieur avec des choix de collaboration dans lesquels s’affirme de plus en plus une crĂ©ativitĂ© spĂ©cifique chinoise. Le premier Ă©pisode de 23 minutes de The Leader », a Ă©tĂ© publiĂ© sur le site de diffusion en continu d’animation le plus populaire du pays, Bilibili, il couvre l’enfance et la jeunesse de Marx et a innovĂ© en prĂ©sentant Marx sous des aspects de jeune homme romantique. Cela dit aprĂšs ce premier Ă©pisode le dessin animĂ© ne fait pas seulement rĂȘver et ni apprendre aux garçons Ă  sĂ©duire la femme qu’ils aiment. Il y a un vĂ©ritable effort conceptuel et prĂ©senter un manga qui initie rĂ©ellement Ă  la philosophie, et aux textes fondateurs du Marxisme n’est pas Ă©vident, le pari est assez rĂ©ussi. La date les annĂ©es 1830 Le lieu la ville allemande de TrĂšves. Un jeune et beau Karl Marx prend part Ă  un bal donnĂ© par la noble famille von Westphalen. Tout le monde dans la piĂšce regarde de travers ce prĂ©tendant de la classe moyenne – tout le monde sauf la belle Jenny von Westphalen. HypnotisĂ© par Jenny, une figure de princesse aux cheveux auburn, aux yeux roses et Ă  la robe bleu clair, Marx l’invite Ă  danser pendant que le frĂšre de Jenny regarde la scĂšne avec colĂšre. Il veut que j’épouse un noble, mais je ne t’ai que toi dans mon cƓur», dit Jenny Ă  Marx alors qu’ils discutent dans le jardin aprĂšs le bal, les mains entrelacĂ©es. Quand vas-tu te marier?» Dit Marx. Dis-moi quand tu dĂ©cideras pour que je puisse t’épouser.» Le jeune et beau Marx dĂ©crit dans Le Guide » contraste avec le vieux Marx barbu que connaissent la plupart des Chinois mais on le voit peu Ă  peu s’identifier au titan thĂ©oricien et combattant. Le dessin animĂ© a provoquĂ© beaucoup de rĂ©actions sur les forums chinois, et pas seulement favorables. Sur Bilibili, de nombreux fans de dessins animĂ©s ont dĂ©plorĂ© le manque de qualitĂ© de la production par rapport aux dessins animĂ©s japonais. Certains se sont Ă©galement plaints du fait que le site de streaming permettait aux abonnĂ©s payants de regarder le prochain Ă©pisode avant tout le monde. Les capitalistes doivent donc regarder en premier?» A commentĂ© un utilisateur de Bilibili. Chen Daoyin, politologue basĂ© Ă  Shanghai, dit que dans l’ensemble, ce dessin animĂ© sera un moyen efficace d’éduquer les jeunes Ă  la version du marxisme par les dirigeants chinois Les adolescents seront plus enclins Ă  accepter le marxisme s’ils apprennent Ă  connaĂźtre Marx en tant que personne, en premier lieu», a dĂ©clarĂ© Chen. Le but ultime est de leur faire reconnaĂźtre l’idĂ©ologie officielle du parti et sa lĂ©gitimitĂ© Ă  gouverner. » Il y a en effet quelque chose que l’on dĂ©couvre dans le numĂ©ro du Point dont nous parlons par ailleurs. Le diplomate politologue de Singapour dont nous reproduisons des extraits de l’entretien insiste beaucoup lĂ -dessus, il parle Ă  des hommes d’affaires français capitalistes “Tout observateur asiatique qui connait la Chine sait que le but du PCC n’est pas de ressusciter ou d’exporter le communisme dans le monde. Ce dernier n’est qu’un instrument utilisĂ© par les dirigeants chinois pour gouverner. Le rĂȘve de ces dirigeants est de rendre sa grandeur Ă  la Chine.” On retrouve chez ce politologue Ă  plusieurs reprises le fait que les dirigeants doivent traduire les volontĂ©s de leur peuple, il fait rĂ©fĂ©rence bien sĂ»r Ă  la sinophobie officielle de Biden, mais tout autant Ă  la population chinoise qui ne supporterait pas que son gouvernement renonce Ă  TaĂŻwan et soit de nouveau humiliĂ© comme durant les suites de la guerre de l’opium, et qui sur le fond adhĂšre au socialisme et veut aller vers ce qui lui parait la voie du progrĂšs autant que de l’indĂ©pendance nationale. Donc les dirigeants chinois doivent ĂȘtre communistes s’ils veulent conduire la Chine vers “le rĂȘve chinois”. Danielle Bleitrach Marx revient ! Ou plutĂŽt la lutte des classes, avec la publication, par l’un de ces brillants autant qu’irritants polĂ©mistes dont la France intellectuelle a le secret, Emmanuel Todd, d’un ouvrage 1 intitulĂ© justement Les Luttes de classes en France au XXIe siĂšcle. Finies, les analyses de JĂ©rĂŽme Fourquet ? Qu’est-ce Ă  dire ? Pour Emmanuel Todd, les gilets jaunes, nos splendides gilets jaunes », ont Ă©tĂ© une sorte d’évĂ©nement inespĂ©rĂ©. Pourquoi ? Parce qu’ils ont remis l’économique au premier rang. Finies, donc, pour notre auteur, les analyses d’un JĂ©rĂŽme Fourquet 2 faisant Ă©tat d’une France fragmentĂ©e, en archipel. Non, la fracture est Ă©conomique – et Ă©ducative. Elle permet de dessiner une sociĂ©tĂ© plus homogĂšne qu’on ne croit, avec une Ă©lite pesant pour 1 % de la population, nommĂ©e aristocratie stato-financiĂšre » un mix entre la finance et les grands corps d’État, dont Emmanuel Macron, on l’aura compris, serait le prototype, une petite bourgeoisie de cadres et professions intellectuelles en voie de dĂ©classement les losers » !, une masse ...Lire la suite sur le blog Une foi par semaine. Le capitalisme a poussĂ© si loin les logiques d’appropriation privĂ©e que la question de la propriĂ©tĂ© semble Ă  nouveau Ă  l’ordre du jour. Les vaccins ne devraient-ils pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des biens communs ? Peut-on Ă©viter la catastrophe climatique sans remettre en cause l’appropriation capitaliste de la nature ? Reste que la propriĂ©tĂ© est souvent perçue comme un problĂšme essentiellement Ă©conomique. Or, dans la pensĂ©e de Marx, elle est aussi et fondamentalement une question politique et stratĂ©gique. Comme le montre ici Isabelle Garo, le communisme dont il formule l’exigence suppose, non simplement un acte juridique instituant la propriĂ©tĂ© collective, mais un processus social de subversion des rapports de production capitaliste et une volontĂ© collective – et hautement politique – d’appropriation. C’est cela qu’il nous faut retrouver, dans l’urgence que nous impose la crise multiforme du capitalisme. *** Revenir sur la propriĂ©tĂ© L’analyse du mode de production capitaliste proposĂ©e par Marx, du fait mĂȘme de la globalité et de la radicalitĂ© de la crise qui affecte aujourd’hui notre monde, tend Ă  retrouver sa pertinence pour un nombre croissant de personnes, jusque dans le camp libĂ©ral. Mais on sĂ©pare en gĂ©nĂ©ral, voire on oppose, son analyse Ă©conomique et son projet politique. Ce que Marx nomme le communisme », se trouve ainsi rĂ©duit Ă  la seule abolition de la propriĂ©tĂ© privĂ©e des moyens de production, en Ă©vacuant la question de l’articulation entre critique radicale du capitalisme et construction progressive d’une alternative, construction impliquant l’ensemble des exploitĂ©es et des dominĂ©es. Pourtant, prĂ©cisĂ©ment lorsqu’il traite de la question de la propriĂ©tĂ©, Marx propose une approche fondamentalement politique et stratĂ©gique de la question communiste, qui reste largement mĂ©connue. C’est cette dimension stratĂ©gique qu’il s’agit ici d’aborder, en partant de la question de la propriĂ©tĂ© et des communs, qui se trouve depuis quelques annĂ©es remise au centre de la rĂ©flexion contemporaine sur les alternatives. En effet, cette question de la propriĂ©tĂ© est dĂ©sormais le lieu d’un dĂ©bat trĂšs vif, qui porte sur le ou les commun-s, mais aussi sur la question des services publics, de leur dĂ©fense et de leur redĂ©finition. Face à l’assaut des politiques néolibérales lancĂ©es depuis quatre dĂ©cennies contre le droit du travail, face au démantèlement des secteurs publics, école, santé, transport, mais aussi face à la puissance des acteurs juridiques et politiques qui en sont le relais – États nationaux, construction européenne, traités internationaux, institutions financières et politiques mondiales, etc. – et à l’accaparement capitaliste de la nature, il apparaĂźt urgent de réexplorer les voies d’une alternative situĂ©e sur ce terrain et partant des contestations qu’on y rencontre. S’y ajoute le fait que, dans le cadre du capitalisme contemporain, le droit de propriété présente des enjeux nouveaux, qui conduisent notamment à l’inflation sans précédent des brevets et à l’emprise du droit de propriété intellectuelle, au seul bénéfice des grandes entreprises internationales, s’emparant du vivant, de l’intelligence collective, de l’activité sociale en général. Les profits gĂ©nĂ©rĂ©s par les vaccins contre la Covid-19 sont indissociables des barriĂšres mises Ă  leur accĂšs libre et universel de par le monde. En guise de riposte, et dans une situation de faiblesse historique du mouvement ouvrier organisĂ© traditionnel, on assiste depuis quelques décennies au redéploiement d’une réflexion économique et juridique, qui multiplie les suggestions tout en contournant Ă  la fois la question de leur compatibilitĂ© mutuelle ainsi que la question stratĂ©gique du rapport de forces nĂ©cessaires Ă  leur concrĂ©tisation au pluriel ou au singulier, salaire à vie ou allocation universelle, coopératives, décroissance, réduction du temps de travail, taxes sur les transactions financières, etc. Il n’en demeure pas moins que la thématique de la propriété émerge de nouveau sous une forme renouvelée, après une longue éclipse et son quasi-abandon par la majoritĂ© des organisations politiques de gauche. Antonio Negri propriĂ©tĂ© et autonomie Sur ce plan, l’approche de Toni Negri continue de susciter l’intĂ©rĂȘt. Il est utile de la rĂ©sumer Ă  grands traits afin de voir en quoi elle interroge le marxisme sur le terrain de l’analyse de la propriĂ©tĂ©, mais aussi sur le terrain politique et stratĂ©gique de la transformation sociale. On rencontre cette analyse en particulier dans la trilogie rédigée entre 2000 et 2009 en collaboration avec le théoricien américain Michael Hardt Empire, Multitude et Commonwealth. La mutation en cours du capitalisme rend selon eux inopérantes les vieilles options socialistes et communistes. Leur objectif est donc de repenser la politique dans le cadre de la mondialisation capitaliste, en considérant cette dernière comme une évolution finalement plus positive et prometteuse qu’inquiétante, pour qui sait en repérer les tendances souterraines. Negri n’hĂ©site pas Ă  affirmer, sur un mode euphorique, que L’Empire gère des identités hybrides, des hiérarchies flexibles et des échanges pluriels, en modulant ses réseaux de commandement. Les couleurs nationales distinctes de la carte impérialiste du monde se sont mêlées dans l’arc-en-ciel mondial de l’Empire »[1]. Pour Negri et Hardt, l’Empire est donc devenu une réalité planétaire, thĂšse qu’ils opposent aux théories marxistes de l’impérialisme. Car si l’Empire détient bien un réel pouvoir d’oppression, il présenterait surtout des potentialités de libération, qui condamnent à la péremption les anciennes hypothèses politiques de dépassement du capitalisme, la disparition de ce dernier Ă©tant d’ores et déjà en cours L’Empire prétend être le maître de ce monde parce qu’il peut le détruire quelle horreur et quelle illusion ! En réalité, nous sommes maîtres du monde parce que notre désir et notre travail le régénèrent continuellement »[2]. Autrement dit, il s’agirait simplement de prendre acte des tendances à l’Ɠuvre et de les réorganiser et de les réorienter vers de nouvelles fins »[3]. Outre l’optimisme forcené qui marque cette proclamation, le grand tournant politique concerne la nature de la conflictualité sociale et la thèse marxiste de la lutte des classes, remplacée par la thématique de la multitude. Une telle affirmation, défendue et maintenue en dépit de tous les travaux sociologiques qui la démentent, vise à étayer l’affirmation de la disparition de la classe ouvrière comme réalité sociale et politique et par suite comme sujet rĂ©volutionnaire potentiel. La perspective d’une abolition politique du capitalisme se trouve remplacée par l’appel à la simple réorientation de sa gestion et par le souhait d’une amplification de ses tendances immanentes, censĂ©es conduire d’elles-mĂȘmes au communisme. L’argumentaire des nĂ©gristes tourne autour des questions de la propriĂ©tĂ© et de l’autonomie. Il repose sur l’idée que le travail immatériel, qui tendrait à se généraliser, implique immédiatement interaction et coopération sociales », à la différence des formes antérieures du travail, organisées et disciplinées de l’extérieur. Pour Negri, être communiste, c’est avant tout être contre l’État ». Cette opposition à l’État, qui reflĂšte et justifie l’abandon politique de la redoutable question de sa conquĂȘte et de sa destruction, implique l’opposition aux formes privées de la propriété, mais tout aussi bien à ses formes publiques. Le commun se présente avant tout comme travail commun, incarnant le communisme en acte contre tous ses détournements, qu’ils soient capitalistes ou socialistes. Le commun ainsi redĂ©fini englobe aussi les langages que nous créons, les pratiques sociales que nous instaurons, les modes de socialité qui définissent nos relations, etc. »[4]. À distance du concept traditionnel de bien commun, c’est ici sur la coopération que l’accent est mis le travail cognitif et affectif produit en règle générale une coopération indépendamment de l’autorité capitaliste, y compris dans les circonstances où l’exploitation et les contraintes sont les plus fortes, comme dans les centres d’appels ou les services de restauration »[5]. Negri et Hardt ne craignent donc pas d’affirmer que l’autonomie se détecte dès à présent au sein des secteurs les plus typiquement capitalistes où les salariés sont les plus exploités et précarisés, rien n’étant dit des conditions de travail et de salaire, ni du maintien massif des formes taylorisées de la production. En dĂ©pit de son succĂšs persistant, une telle conception est en train de vieillir Ă  vive allure du fait de son Ă©cart croissant avec les effets des politiques nĂ©olibĂ©rales. Mais le mĂ©rite des analyses de Negri et Hardt est d’inviter Ă  relire la thĂ©orisation de la propriĂ©tĂ© par Marx dont ils placent la critique au centre de leur approche. Marx, penseur de la dĂ©possession En matiĂšre d’analyse critique de la propriĂ©tĂ© capitaliste, Marx et Engels sont bien entendu des auteurs incontournables, mais il faut commencer par rappeler que la question de la propriĂ©tĂ© se situe au cƓur des traditions socialiste et communiste, dĂšs leur naissance. Dans l’Ɠuvre de Marx, la question de la propriĂ©tĂ© est omniprĂ©sente elle Ă©volue progressivement vers une dĂ©finition originale de la propriĂ©tĂ© collective combinĂ©e Ă  une dĂ©fense de la propriĂ©tĂ© individuelle comme condition de l’émancipation des individus en tant que tels. Dans les paragraphes qui suivent, on abordera rapidement cette seule dimension politique et sa transformation. DĂšs les annĂ©es 1840, Marx s’efforce tout d’abord d’articuler la question philosophique de l’aliénation, qu’il hĂ©rite de Hegel et des Jeunes-HĂ©gĂ©liens, à une dénonciation précisée de la propriété privée synonyme de dĂ©possession, mais aussi d’aliĂ©nation fondamentale des travailleurs son analyse de la loi sur les vols de bois, imposĂ©e par la DiĂšte rhĂ©nane en 1842, est le coup d’envoi de cette rĂ©flexion. On y voit naĂźtre la thématique de la réappropriation – réappropriation des richesses, mais aussi et surtout réappropriation de soi – qui relie ces dimensions, avant de prendre la forme d’un projet politique alternatif. Mais de façon Ă  premiĂšre vue surprenante, au moment mĂȘme oĂč il se rĂ©clame du communisme, Marx dénonce dans les Manuscrits de 1844, le communisme grossier » comme volonté unilatérale et obsessionnelle d’abolition de la propriété privée, restant de ce fait même assujetti à cette dernière. Ce communisme de première génération, d’ascendance babouviste, reste fondamentalement, aux yeux de Marx, un individualisme et un égoïsme, simple généralisation et achèvement » de la propriété privée, qui n’a pas encore saisi l’essence positive de la propriété privée », ni la nature humaine du besoin »[6]. La prise en compte de cette essence positive » laisse entrevoir une autre abolition, non pas négation simple, mais négation de la négation, qui prend en compte l’ensemble des rapports de l’homme à lui-même ainsi qu’à la nature, offrant la vraie solution de l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme, la vraie solution de la lutte entre existence et essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre liberté et nécessité, entre individu et genre. Il est l’énigme résolue de l’histoire et il se connaît comme cette solution »[7]. Une fois surmontĂ© le caractĂšre d’abord abstrait et philosophique d’une telle conception, le communisme ne peut être conçu comme la simple abolition de ce qui est, mais comme la reprise rĂ©ellement critique de toute la richesse du développement antérieur », comme la réélaboration des rapports sociaux existant à partir d’eux-mêmes. Cela vaut pour la propriété privée, dont Marx considĂšre qu’elle ne doit pas simplement laisser place à la propriété commune, mais qu’elle doit être radicalement redéfinie. À partir de 1845, Marx Ă©tudie son Ă©mergence et son rĂŽle historiques concrets, dans l’IdĂ©ologie allemande puis dans toutes ses Ɠuvres ultĂ©rieures, situant cette analyse au cƓur de sa critique de l’économie politique. La question de la propriĂ©tĂ© est l’angle dĂ©cisif en vue de comprendre la façon dont les producteurs directs se sont trouvĂ©s dĂ©possĂ©dĂ©s de leurs propres moyens de production. Elle soulĂšve la question politique du type de rĂ©appropriation, individuelle et collective, qu’il s’agit dĂ©sormais d’envisager. Dans le Capital, Marx présente la dĂ©finition communiste de la propriété comme négation de la négation », précisant cette fois qu’il s’agit de rétablir de la propriété personnelle »[8]. L’originalitĂ© de Marx consiste donc Ă  dĂ©placer la critique de la propriété privée sur le terrain de la production et du travail, comme lieu originaire de la dépossession de soi, que les rapports juridiques de propriĂ©tĂ© enregistrent et lĂ©gitiment. Surmonter cette dépossession exigera de tout autres moyens que l’égalité de revenu et la propriété collective, nĂ©gation simple de la propriĂ©tĂ© capitaliste, formes simplistes de la réappropriation précisément parce qu’elles ne prennent pas en compte la vraie nature de l’aliĂ©nation, sa transformation tendancielle de la force de travail en pure marchandise capitaliste. Les rapports de propriĂ©tĂ© sont l’instrument et la forme de la domination de classe, tout autre chose donc qu’une rĂ©partition inĂ©quitable des richesses. La propriĂ©tĂ©, question politique et stratĂ©gique En vertu de cette analyse historique et dynamique des rapports sociaux, Marx en vient Ă  concevoir la transformation des rapports de propriĂ©tĂ© non pas comme l’horizon lointain d’une collectivisation achevĂ©e, mais comme le ressort d’une mobilisation au prĂ©sent, s’appuyant sur les besoins sociaux que le capitalisme tout Ă  la fois engendre, dĂ©voie et nie. En ce sens la question de la propriĂ©tĂ© telle que la pense Marx dĂ©finit moins le communisme comme organisation sociale Ă©tablie et bien dĂ©finie que l’intervention communiste au sein mĂȘme du capitalisme. Cette conception du communisme comme construction en acte de la mobilisation s’oppose Ă  une dĂ©finition de l’alternative coupĂ©e des mĂ©diations qui rendent possible son Ă©laboration proprement politique de ce point de vue, la rĂ©flexion marxienne sur la propriĂ©tĂ© prĂ©sente bien une dimension politique et stratĂ©gique centrale. Ainsi, les toutes derniĂšres pages du Livre I du Capital affirment-elles que la centralisation croissante du capital s’accompagne de la montée de la forme coopérative du procès de travail », la centralisation des moyens de production et la socialisation du travail [atteignant] un point où elles deviennent incompatibles avec leur enveloppe capitaliste. On la fait sauter. L’heure de la propriété privée a sonné. » Et Marx ajoute, sur un mode tout aussi affirmatif la production capitaliste engendre à son tour, avec l’inéluctabilité d’un processus naturel sa propre négation. C’est la négation de la négation »[9]. La tonalité déterministe de ces lignes, son retour apparent Ă  la philosophie hĂ©gĂ©lienne de l’histoire, vont inciter bien des lecteurs à les extraire d’une analyse en réalité bien plus complexe et profondĂ©ment politique. Le texte dont elles sont extraites, rarement citĂ© en entier, est en rĂ©alitĂ© entrelardé de considérations qui réinjectent les luttes de classes et la conscience qui les accompagne au sein de la transformation sociale. En effet, Marx précise aussitôt que, du côté du capital, la logique de monopole s’impose progressivement et mécaniquement, alors que du côté des ouvriers s’accroît le poids de la misère, de l’oppression, de la servitude, de la dégénérescence, de l’exploitation, mais aussi la colère d’une classe ouvrière en constante augmentation, formée, unifiée et organisée par le mécanisme même du procès de production capitaliste »[10]. Le communisme est donc, non un projet lointain et abstrait, mais ce qui caractĂ©rise au prĂ©sent un certain type d’intervention politique et de mobilisation collective. En ce sens, le communisme vise avant tout l’élaboration consciente de ses propres présuppositions concrètes c’est-Ă -dire de conditions historiques qu’il trouve dĂ©jĂ  lĂ  et qu’il transforme Ă  mesure en même temps que l’élaboration d’une finalité en partie immanente au rétablissement de la propriété individuelle fondée sur les conquêtes mêmes de l’ère capitaliste »[11]. Mais cette immanence n’a rien de la transformation automatique et immanente du capitalisme dĂ©crite par Negri. Pour Marx, c’est prĂ©cisĂ©ment la nĂ©cessitĂ© de la conscience collective comme composante centrale de la lutte de classe, qui fait du communisme cet effort, sans précédent au cours de l’histoire humaine, en vue de parvenir Ă  la maîtrise consciente par l’humanité de sa propre organisation sociale et de son rapport durable Ă  la nature. Car la prise en compte du rapport des hommes Ă  la nature, condition mĂȘme de l’existence humaine, que Marx pense au travers de la notion de mĂ©tabolisme », est la grande innovation des annĂ©es 1860. L’abolition de la propriĂ©tĂ© capitaliste a prĂ©cisĂ©ment pour enjeu l’organisation de rapports de production Ă  la fois dĂ©mocratiques et rationnels, rendant possible un mĂ©tabolisme social et naturel soutenable. Ainsi, au-delĂ  de la question juridique de la propriĂ©tĂ©, la rĂ©appropriation se trouve élargie par Marx au-delà de la visée du rétablissement de la propriété individuelle, conçue comme droit d’accès garanti à des biens et à des services, en direction d’assurer les conditions de leur production, de leur reproduction et de leur contrôle collectif, mais aussi en vue du développement des capacités individuelles. Cette rĂ©appropriation est un moteur de la lutte de classe, dans sa dimension fonciĂšrement anticapitaliste et elle est Ă  organiser comme telle la stratĂ©gie est intervention militante dans un contexte historique et politique toujours singulier. Les producteurs associés ont à se rĂ©approprier ce que, paradoxalement, ils n’ont en réalité jamais possĂ©dĂ©, mais qui leur fait désormais manifestement défaut et dont la conquĂȘte est urgente le contrôle collectif, dĂ©mocratique, de leurs conditions de travail, de la production et de la répartition des richesses produites. Pour Marx, les rapports sociaux capitalistes imposent par la violence leur forme à une activité dont les résultats, mais aussi l’exercice se voient ainsi confisqués, cette dépossession fondamentale atteignant de plein fouet le sujet humain en tant que tel, dans son individualitĂ©, en mĂȘme temps qu’elle dĂ©truit le mĂ©tabolisme hommes-nature. Une fois redéfinie l’ampleur de cette réappropriation, qui n’est pas le retour à un état premier, mais l’accomplissement de potentialités inédites, toute la difficulté est de la convertir en un objectif politique crédible et mobilisateur, placĂ© au cƓur d’une stratégie révolutionnaire se construisant Ă  mesure. Ainsi, c’est bien au cƓur du laboratoire de la production » qu’il faut installer la question communiste contre l’économie politique bourgeoise, Marx s’emploie Ă  montrer que le travail est la substance de la valeur, mais que lui-même n’est pas valeur, la force de travail n’étant pas produite comme une marchandise, mĂȘme si elle se trouve Ă©changĂ©e comme telle. Et c’est en ce point précis qu’exploitation et domination se nouent aux aspirations qu’elles Ă©crasent. Elles forment une contradiction aussi profondément économique et sociale qu’individuelle et politique ou, plus exactement politisante, c’est-Ă -dire condition de possibilitĂ© de la lutte, condition non suffisante, mais nĂ©cessaire. Car ce sont leurs capacités à la fois forgées et déniées, leur émancipation entrevue et confisquée, qui conduisent les producteurs à lutter pour la réduction de la journée de travail et de ce fait mĂȘme contre le capitalisme en tant que tel. Un communisme de la rĂ©appropriation La question de la propriĂ©tĂ© telle que la conçoit Marx s’élargit ici Ă  la question de l’émancipation et d’une rĂ©appropriation pensĂ©e comme rapport Ă  soi, qui sont les ressorts de la mobilisation en mĂȘme temps que ses buts. On est ici aux antipodes d’un programme de redistribution des richesses, qui serait extĂ©rieur et antĂ©rieur aux luttes sociales et Ă  leurs acteurs autant que d’une montĂ©e irrĂ©sistible des formes de coopĂ©ration Ă  l’intĂ©rieur des rapports capitalistes d’exploitation. Marx prĂ©cisera cette analyse Ă  l’occasion de la Commune de Paris, mais aussi dans les brouillons de sa lettre cĂ©lĂšbre Ă  VĂ©ra Zassoulitch de 1881, concernant la propriĂ©tĂ© fonciĂšre et l’organisation de la commune russe traditionnelle, l’obchtchina ou mir. Dans ces deux cas, et dans le droit fil de son analyse antĂ©rieure, c’est non pas la rĂ©alisation d’un programme social prĂ©dĂ©fini qui l’intĂ©resse, mais la construction de la mobilisation politique rĂ©volutionnaire et la façon dont elle peut se traduire dans des mesures sociales affrontant la logique capitaliste, enclenchant un processus de transformation rĂ©volutionnaire, nĂ©cessairement long et heurtĂ©. Dans ces brouillons, hostile Ă  toute simplification et Ă  toute conception dĂ©ductive de la stratĂ©gie, Marx n’épouse aucune des analyses des courants issus du populisme russe, qu’il s’agisse de la fĂ©tichisation des formes prĂ©capitalistes ou de l’apologie du stade capitaliste. Se gardant de prĂ©dire quoi que ce soit, il envisage que la commune rurale russe puisse, Ă  certaines conditions, se dĂ©gager de ses caractĂšres primitifs » et se dĂ©velopper directement comme Ă©lĂ©ment de la production collective sur une Ă©chelle nationale », et cela tout en condamnant clairement son caractĂšre patriarcal. Il prĂ©cise c’est justement grĂące Ă  la contemporanĂ©itĂ© de la production capitaliste qu’elle s’en peut approprier tous les acquĂȘts positifs et sans passer par ses pĂ©ripĂ©ties terribles, affreuses. La Russie ne vit pas isolĂ©e du monde moderne ; elle n’est pas non plus la proie d’un conquĂ©rant Ă©tranger Ă  l’instar des Indes Orientales »[12]. Il s’agit donc de faire Ă©voluer la forme communale tout en la conservant, initiant son dĂ©passement, au sens complexe du terme allemand d’Aufhebung qui penche ici davantage vers l’idĂ©e de transformation » que vers celle d’ abolition ». Mais cette option est avant tout une hypothĂšse politique, subordonnĂ©e au dĂ©clenchement d’un processus rĂ©volutionnaire. Et, dans sa prĂ©face de 1882 pour l’édition russe du Manifeste, Marx ajoute une nouvelle condition, promise Ă  une longue controverse, la conjonction entre rĂ©volution russe et rĂ©volution prolĂ©tarienne mondiale si la rĂ©volution russe donne le signal d’une rĂ©volution prolĂ©tarienne en Occident, et que donc toutes deux se complĂštent, l’actuelle propriĂ©tĂ© commune du sol en Russie pourra servir de point de dĂ©part Ă  une Ă©volution communiste »[13]. Un tel raisonnement relĂšve de la critique de l’économie politique en ce qu’elle est, prĂ©cisĂ©ment, politique si l’on considĂšre que la logique de fond qui a engendrĂ© le capitalisme est, non pas l’expansion du marchĂ©, mais la sĂ©paration radicale du producteur d’avec les moyens de production », et plus prĂ©cisĂ©ment encore l’expropriation des cultivateurs », et que le communisme vise la rĂ©appropriation par les individus de leurs propres forces sociales, alors des formes sociales antĂ©rieures Ă  cette sĂ©paration et localement persistantes aprĂšs elle peuvent offrir des points d’appui Ă  une rĂ©volution tendanciellement mondiale, mais qui se construira dans des conditions nĂ©cessairement nationales. Cette rĂ©flexion historique du Marx de la maturitĂ© sur les causes de la naissance du capitalisme et celles de sa possible disparition reste donc insĂ©parable du projet rĂ©volutionnaire de son abolition et d’une rĂ©flexion stratĂ©gique sur les conditions concrĂštes permettant de l’envisager. Marx souligne qu’en tant que forme sociale fondĂ©e sur le partage et l’égalitĂ©, sur la propriĂ©tĂ© commune et la propriĂ©tĂ© individuelle-personnelle, la commune russe se distingue des communautĂ©s plus archaĂŻques » le communisme marxien n’est pas un collectivisme, mais un certain type de socialisation des moyens de production. Au plan stratĂ©gique, la question de la propriĂ©tĂ© reste donc cruciale Ă  ses yeux, Ă  condition de la considĂ©rer non comme forme strictement juridique, mais comme levier politique et comme gradient du dĂ©veloppement individuel une telle rĂ©flexion en termes de formes et de dynamiques contradictoires, enracinĂ©es dans des conditions toujours concrĂštes et impliquant la conscience croissante Ă  mesure des acteurs de la transformation politique et sociale, conserve une grande actualitĂ©, Ă  la condition de n’y chercher aucune recette toute prĂȘte. Aux yeux de Marx, c’est la volontĂ© individuelle et collective de rĂ©appropriation qui est le moteur de toute rĂ©volution, sachant qu’il lui reste Ă  se doter des formes politiques organisĂ©es de son Ă©mancipation. Au 21e siĂšcle cette question reste Ă  l’évidence devant nous, par-delĂ  la perspective Ă©troitement juridique des communs. * Illustration WorldTraveller101 / Wikimedia Commons. Notes [1] Michael Hardt et Antonio Negri, Empire, trad. fr. Canal, Paris, Exils, 2000, p. 17. [2] Ibid., p. 467. [3] Ibid., p. 20. [4] Michael Hardt et Antonio Negri, Commonwealth, trad. fr. E. Boyer, Paris, Gallimard, 2013, p. 209. [5] Ibid., p. 210. [6] Karl Marx, Manuscrits de 1844, trad. fr. E. Bottigelli, Paris, Éditions Sociales, 1968, p. 87. [7] Ibid., p. 86. [8] Karl Marx, Le Capital, livre 1, trad. fr. Lefebvre, Paris, Puf, 1993, p. 856. [9] Ibid. [10] Ibid. [11] Ibid., p. 857. [12] Karl Marx, Projet de rĂ©ponse Ă  VĂ©ra Zassoulitch, [13] Karl Marx, Friedrich Engels, PrĂ©face Ă  l’édition russe de 1882 », Manifeste du parti communiste, trad. G. Cornillet, Editions sociales, Paris, 1986, p. 115.

marx la recette de la lutte des classes