đ» Avons Nous Le Devoir De Chercher La Verite
quĂȘtede la vĂ©ritĂ©? Entre la vĂ©ritĂ© et le bonheur, faut-il nĂ©cessairement opĂ©rer un choix? 1 La vĂ©ritĂ© : un obstacle au bonheur? a) La recherche de la vĂ©ritĂ©. Câest lĂ une idĂ©e toute simple mais quâil fallait dĂ©velopper au moins au tout dĂ©but de votre devoir. "Le drame de la vĂ©ritĂ© est quâelle nâest jamais vraisem-
Ilvoit sâils sont capables de se soumettre Ă Sa rĂšgle et Ses arrangements, dâaccomplir le devoir dâun ĂȘtre créé, de gagner la vĂ©ritĂ© et de changer leur tempĂ©rament de vie. Sans chercher la vĂ©ritĂ© dans ma foi, mĂȘme si mon travail avait Ă©bloui et impressionnĂ© les autres, je nâaurais pas pu gagner la vĂ©ritĂ©, et encore moins
Ence sens la recherche de la vérité est un devoir préalable à la celui de l'action bonne. On serait en présence ici de ce qu'on pourrait appeler un intellectualisme moral. La moralité suppose un développement de l'intellect c'est-à -dire de la raison.
Cetteobligation donne sens Ă notre vie : direction et signification.On peut aussi concevoir le devoir en question comme une nĂ©cessitĂ© en vue dâobtenir autre chose que la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme. Lâobtention de celle-ci serait la condition sine qua non du bonheur, de la sagesse. Une voie obligĂ©e, escarpĂ©e mais bĂ©nĂ©fique vers quelque chose de supĂ©rieur.
Unaspect notable du Courage de la vĂ©ritĂ© de Michel Foucault. by Ăkos Cseke. Download Free PDF Download PDF Download Free PDF View PDF. Le principe de gouvernementalitĂ© et l'Ătat moderne : Hegel et Foucault sur la rationalitĂ© politique. by Irakli Dekanozishvili. Download Free PDF Download PDF Download Free PDF View PDF. Sur quelques "figures littĂ©raires" de
vérité? ba ui pcq lé mensonge cé pa bo - Topic Avons-nous le devoir de chercher la du 18-06-2012 11:38:49 sur les forums de jeuxvideo.com
Avonsnous le devoir de chercher la vĂ©ritĂ©? 2Ă©me sujet : Serions-nous plus libres sans l'Ătat? 3Ăšme sujet : Expliquer le texte suivant: On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'Ă©ducation. Si l'homme naissait grand et fort, sa taille et sa force lui seraient inutiles jusqu'Ă ce qu'il eQt appris Ă s'en servir; elles lui seraient prĂ©judiciables, en empĂȘchant les
Avonsnous le devoir de chercher la vĂ©ritĂ© ? Ăcouter (7 min) PublicitĂ© . PublicitĂ©. PublicitĂ©. France Culture Le Monde selon RaphaĂ«l Enthoven | 11-12 Ăpisode du mardi 19 juin 2012 par RaphaĂ«l Enthoven Voir le podcast. En savoir plus. RĂ©fĂ©rences. ThĂšmes associĂ©s. Sciences et savoirs. Philosophie. VĂ©ritĂ©. ActualitĂ©s. BaccalaurĂ©at. L'Ă©quipe. RaphaĂ«l
lespoints communs entre les deux religions hindouisme et lâislam Avons-nous le devoir de chercher la vĂ©ritĂ© et partager les points communs entre les Jump to. Sections of this page. Accessibility Help . Press alt + / to open this menu. Facebook. Email or phone: Password: Forgot account? Sign Up. See more of Comparaison entre l'hindouisme, le judaĂŻsme, le christianisme
Maisquel besoin avons-nous de chercher la vérité ? Si nous admettons facilement que la vérité est digne de respect, nous préférons parfois secrÚtement ne pas voir la réalité telle qu'elle est. Mais la rechercher de la vérité ne répond-elle pas, au-delà de ses conséquences directes, à un désir profond ancré dans la nature humaine ? [] []
Le devoir Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ? (BAC STT 2006) - La vérité Citations sur N'avons-nous de devoirs qu'envers autrui? (BAC L 2006) : Parmi les devoirs particuliers envers autrui, le premier est la véracité de la parole et de la conduite. Elle consiste dans la conformité entre ce qui est et dont on a conscience et ce que l'on dit et montre aux
Allez pour le grand final : On va reprendre une citation que bons nombre d'entre nous connaissent bien : "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités." (Ben Parker) Les limites et frontiÚres du monde se sont drastiquement réduites ces 30 Réponse (1 sur 8) : Allez, pour le grand final : On va reprendre une citation que bons nombre d'entre nous connaissent
Avonsnous le devoir de chercher la vĂ©ritĂ© ? Au prĂ©alable, il convient dâinterroger les notions, les termes de ce sujet. Par devoir, il faut entendre « obligation morale », Ă lâĂ©chelle dâun individu comme obligation quâon se donne Ă soi-mĂȘme comme aiguillon dans lâexistence ou Ă celle du genre humain. Cette obligation donne
Annalesgratuites Bac S : Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? Le sujet 2012 - Bac S - Philosophie - Dissertation. Avis du professeur : Sujet classique sur la vérité. La subtilité tient à la dimension morale introduite dans l'énoncé par le mot devoir.
coursdk philosophie professe a la facultĂ des lettres pendant lâannee 1818 * pafa m. v. cousin, sur le fondement des idees absolues du vrai, du beau et du bien; publiĂ avec son autorisation et dâaprĂšs les meilleures rĂdactions de ce cours.. par ta. adolphe garnier, maitre de conferences a j.ecof.e normale- paris. librairie classique et Ă©lĂ©mentaire de l. hachette* ancien l
mQ9U09. Oh mon dieu, j'ai honte ! Je viens de constater que ça fait plus d'une semaine que je vous ai laissées sans post, c'est plutÎt terrible ! Mais il y a une explication logique à tout cela, c'est promis ! Et oui, je passe des EXAMENS, c'est-à -dire le BAC et les CONCOURS pour Sciences Po oui, en majuscules, c'est plus percutant !. Premier examen ce matin, j'en ai encore pour deux semaines, et les précédentes étaient que des révisions, youpi ! Donc promis, promis, promis, je vous reviens bientÎt, avec encore plus d'articles, encore plus de tests de produits, de manucures et d'histoires farfelues et tout le tintouin ! Mais je ne vous ais pas laissées toutes seules, hein ? Il y a le giveaway qui se termine le 29 ! contente de voir qu'il vous plaßt d'ailleurs ! Donc voilà , je vous embrasse, et vous propose de vous faire réfléchir sur le sujet de philo que j'ai choisi ce matin - Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? Je déconne, bien sûr, mais moi j'ai le devoir de vous faire quelques articles d'ici bientÎt, c'est promis !
+7Pierre de QuĂ©becTranerAtilTaolubiePizza Manmiss9311 participantsAller Ă la page 1, 2, 3 AuteurMessagePizza ManNombre de messages 2255Localisation Santa Cruz - CaliforniaDate d'inscription 24/12/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 2 DĂ©c 2006 - 1839 Tu devrais commencer par chercher dans cet objet Ă©trange qu'on appelle un livre». Tu verras, c'est une vĂ©ritable mine d'informations ma grande lubieNombre de messages 1175Localisation rhĂŽne alpesDate d'inscription 29/01/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 2 DĂ©c 2006 - 1851 Tu trouveras ta problĂ©matique aprĂšs t'ĂȘtre posĂ©e toutes les questions que suggĂšre ce sujet. Ta problĂ©mique en fera la synthĂšse, en quelques sortesâŠL'introduction s'Ă©crit souvent aprĂšs le devoir ce qu'il te faut, d'abord et avant tout, c'est ton plan. Et ton plan vise Ă rĂ©soudre la pour la mĂ©thodologie⊠TaoNombre de messages 479Date d'inscription 26/11/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 2 DĂ©c 2006 - 1853 Pour rĂ©pondre Ă cette question de façon la plus complĂšte possible, c'est plusieurs livres qu'il te faudra ouvrir. Mais aussi ouvrir tes yeux et ton coeur comme on dit. lubieNombre de messages 1175Localisation rhĂŽne alpesDate d'inscription 29/01/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 2 DĂ©c 2006 - 1857 Oui, approprie-toi vraiment le savoir que tu piocheras dans les livres et sois convaincue par ce que tu Ă©cris. Plus tu le seras, plus tu emporteras l'adhĂ©sion de ton correcteur. Autrement dit, plus tu auras une bonne note !Malheur de nos systĂšmes d'Ă©valuation⊠Pizza ManNombre de messages 2255Localisation Santa Cruz - CaliforniaDate d'inscription 24/12/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 2 DĂ©c 2006 - 1858 lubieNombre de messages 1175Localisation rhĂŽne alpesDate d'inscription 29/01/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 2 DĂ©c 2006 - 1901 AtilNombre de messages 6110Localisation FrontiĂšre franco-belgeDate d'inscription 30/01/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 717 Jette tous tes livres et pense par toi-mĂȘme. lubieNombre de messages 1175Localisation rhĂŽne alpesDate d'inscription 29/01/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 958 Mais ne jette pas le bĂ©bĂ© avec l'eau du bain, quand mĂȘme ! Pizza ManNombre de messages 2255Localisation Santa Cruz - CaliforniaDate d'inscription 24/12/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 1124 lubieNombre de messages 1175Localisation rhĂŽne alpesDate d'inscription 29/01/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 1134 Pizza ManNombre de messages 2255Localisation Santa Cruz - CaliforniaDate d'inscription 24/12/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 1144 lubieNombre de messages 1175Localisation rhĂŽne alpesDate d'inscription 29/01/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 1146 Pizza ManNombre de messages 2255Localisation Santa Cruz - CaliforniaDate d'inscription 24/12/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 1152 TaoNombre de messages 479Date d'inscription 26/11/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 1919 Pizza ManNombre de messages 2255Localisation Santa Cruz - CaliforniaDate d'inscription 24/12/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mar 5 DĂ©c 2006 - 2235 TranerNombre de messages 22Date d'inscription 01/12/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mer 6 DĂ©c 2006 - 1813 TaoNombre de messages 479Date d'inscription 26/11/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Mer 6 DĂ©c 2006 - 1839 TranerNombre de messages 22Date d'inscription 01/12/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Jeu 7 DĂ©c 2006 - 2111 Pierre de QuĂ©becNombre de messages 11Localisation LĂ©vis en façe de QuĂ©becDate d'inscription 19/01/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Jeu 7 DĂ©c 2006 - 2306 miss93 a Ă©crit Bonjour j'ai une dissertation Ă faire en philo et voilĂ ma question"Avons nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©?"Je n'arrive pas Ă trouver de problĂ©matique et dĂ©marrer mon introduction. Hum... qu'est ce que la vĂ©ritĂ©? Cherche un peu du cotĂ© de Popper pour son apprĂ©ciation de la vĂ©ritĂ© en science. VĂ©ritĂ© versus recherche dans quel domaine hors de la science la vĂ©ritĂ© a un sens. Un sens pour tous ou un sens pour un individu. LĂ , la recherche touche plus aux philosophies et aux de QuĂ©bec TaoNombre de messages 479Date d'inscription 26/11/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Ven 8 DĂ©c 2006 - 639 Pizza ManNombre de messages 2255Localisation Santa Cruz - CaliforniaDate d'inscription 24/12/2005Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 9 DĂ©c 2006 - 1252 cĂ©bĂ©Nombre de messages 4416Date d'inscription 30/11/2004Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 9 DĂ©c 2006 - 1311 ***** modĂ©ration les messages de type flood ont Ă©tĂ© cachĂ©s afin de redonner une lecture possible Ă ce sujet *****_________________"Jacques 31 Ne soyez pas nombreux, mes frĂšres, Ă devenir docteurs. Vous le savez, nous nâen recevrons quâun jugement plus sĂ©vĂšre" TaoNombre de messages 479Date d'inscription 26/11/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 9 DĂ©c 2006 - 1626 Merci pour l'explication de vais donc rĂ©pondre Ă la question initialeAvons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©?Non. La vĂ©ritĂ© n'existe pas de façon pĂ©renne, et le devoir est une invention communautaire. lubieNombre de messages 1175Localisation rhĂŽne alpesDate d'inscription 29/01/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 9 DĂ©c 2006 - 1654 Je crois que ce n'est pas si simple, Tao. En historiographie, par exemple, "nous" avons un devoir envers la vĂ©ritĂ©, me semble-t-il. On ne peut pas laisser n'importe qui réécrire l'Histoire et modifier, comme bon lui semble, la vĂ©racitĂ© des Ă©vĂ©nements passĂ©s. C'est toute la problĂ©matique de l'enquĂȘte et du tĂ©moignage historiques que de transmettre ce qui a vraiment eu ce cas, il me semble que le devoir moral, l'honnĂȘtetĂ© intellectuelle, l'intĂ©grité⊠permettent d'Ă©viter de sombrer dans des dĂ©rives de type rĂ©visonnisme, c'est-Ă -dire dans la réécriture de l' crois que dans l'absolu, autrement dit dans la thĂ©orie, nous n'avons le devoir que de vivre, mais concrĂštement nous avons de multiples devoirs moraux. Et dans certains cas, il me semble que nous avons un devoir moral envers certaines formes de "la vĂ©ritĂ©". Les notions de "devoir" et de "vĂ©ritĂ©" sont assez complexes et elles ne se simplifient pas, je crois. TaoNombre de messages 479Date d'inscription 26/11/2006Sujet Re Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©? Sam 9 DĂ©c 2006 - 1823 lubie a Ă©crit Je crois que ce n'est pas si simple, Tao. En historiographie, par exemple, "nous" avons un devoir envers la vĂ©ritĂ©, me semble-t-il. On ne peut pas laisser n'importe qui réécrire l'Histoire et modifier, comme bon lui semble, la vĂ©racitĂ© des Ă©vĂ©nements passĂ©s. C'est toute la problĂ©matique de l'enquĂȘte et du tĂ©moignage historiques que de transmettre ce qui a vraiment eu ce cas, il me semble que le devoir moral, l'honnĂȘtetĂ© intellectuelle, l'intĂ©grité⊠permettent d'Ă©viter de sombrer dans des dĂ©rives de type rĂ©visonnisme, c'est-Ă -dire dans la réécriture de l' crois que dans l'absolu, autrement dit dans la thĂ©orie, nous n'avons le devoir que de vivre, mais concrĂštement nous avons de multiples devoirs moraux. Et dans certains cas, il me semble que nous avons un devoir moral envers certaines formes de "la vĂ©ritĂ©". Les notions de "devoir" et de "vĂ©ritĂ©" sont assez complexes et elles ne se simplifient pas, je crois. J'aime beaucoup ta vision des choses Lubie. PoĂ©tique et chevaleresque. NĂ©anmoins, il faut se rendre Ă l'Ă©vidence seuls ceux qui ont plus de droits que de devoir survivent. Contenu sponsorisĂ© Avons-nous un devoir envers la vĂ©ritĂ©?
Cours du 21 juin 02 Le savoir de lâauteur, câest le savoir de la vĂ©ritĂ© La sĂ©ance dâaujourdâhui est la derniĂšre de lâannĂ©e ; je vais essayer de rĂ©pondre au moins implicitement aux questions qui sont restĂ©es en suspens, et de conclure avant que nous repartions Ă la rentrĂ©e vers de nouvelles aventures. Il nây a dâautoritĂ© quâĂ ce que le savoir ne compte pas lĂ oĂč on lâon a des raisons dâobtempĂ©rer ou dâapprĂ©cier, on ne reconnaĂźt personne mais uniquement lesdites raisons on reconnaĂźt un savoir qui est sujet Ă la place du sujet. Autrement dit on reconnaĂźt le sujet dâun choix, alors que le sujet de lâautoritĂ© est toujours celui dâune dĂ©cision. Car elle est toujours autoritĂ© de celui qui compte, et il nây a pas de diffĂ©rence entre reconnaĂźtre que quelquâun compte et reconnaĂźtre quâil sâest autorisĂ© de lui-mĂȘme, quâil est sa propre autoritĂ© â celle-lĂ mĂȘme qui dĂ©finit la dĂ©cision de nâavoir jamais lieu au prĂ©sent. La question de lâauteur est celle de cette impossibilitĂ© le vrai sujet ne peut pas ĂȘtre contemporain de son propre gĂ©nie et câest de cela quâil sâagit dans la notion du gĂ©nie, câest-Ă -dire de lâĂ©thique dâĂȘtre soi. En quoi nous retrouvons la paradoxale antĂ©rioritĂ© vĂ©ritative de la vĂ©ritĂ© Ă elle-mĂȘme â et certes, il ne pouvait de toute façon pas sâagir dâautre chose pour finir notre annĂ©e. Or lâantĂ©rioritĂ© de la vĂ©ritĂ© Ă elle-mĂȘme ne peut par principe correspondre Ă rien pour quâil en soit ainsi non seulement il faudrait faire de la vĂ©ritĂ© une sorte de rĂ©alitĂ©, mais encore il faudrait que cette rĂ©alitĂ© fĂ»t prĂ©cĂ©dĂ©e dâune autre rĂ©alitĂ© plus originelle qui ne serait jamais , comme telle, quâune stupiditĂ© placĂ©e avant les autres un fait, prĂ©cisĂ©ment. LâexclusivitĂ© sâentend dâabord comme celle du fait et du droit, et elle est constitutive de la notion de lâauteur puisque celui-ci, nâest pas celui qui sâexprime mais celui qui signe autrement dit nâest pas la cause du texte mais, prĂ©cisĂ©ment, son autoritĂ©. Ensuite lâexclusivitĂ© du droit Ă son propre fait si câest un fait quâil y a le droit, ce fait ne fait pas droit donc il nây a pas de droit autrement dit de la vĂ©ritĂ© Ă elle-mĂȘme on sait quâ » il nây a pas de vĂ©ritĂ© de la vĂ©ritĂ© , cette double exclusivitĂ©, dis-je, on la rĂ©flĂ©chira forcĂ©ment comme une aberration. DâoĂč ma derniĂšre thĂšse pour cette annĂ©e câest lâaberration qui fait lâautoritĂ©, autrement dit lâexclusivitĂ© Ă la mĂ©taphysique, si lâon nomme ainsi la raison comme discours. Partout oĂč la mĂ©taphysique est rĂ©cusĂ©e, autrement dit partout oĂč la rĂ©flexion a perdu son droit, il y a autoritĂ© et pour cette seule raison. En quoi je reviens paradoxalement Ă ce que jâai dit de la mĂ©taphore, qui nâest pas une maniĂšre de signifier mais une folie. Non pas que toute folie soit mĂ©taphore, mais en ceci quâil nous est impossible de ne pas faire de la folie une mĂ©taphore. Et quand nous avons opĂ©rĂ© cette conversion, nous avons reconnu lâautoritĂ©. Câest pourquoi il est impossible de sĂ©parer lâautoritĂ© de sa reconnaissance une autoritĂ© que nul ne reconnaĂźt nâen est tout simplement pas une. MĂ©taphysique et autoritĂ© LâautoritĂ© est, entendue comme Ă©thique, lâantĂ©rioritĂ© mĂȘme de la vĂ©ritĂ© Ă elle-mĂȘme et câest ce que signifie lâexpression » sâautoriser de soi , puisquâil est impossible dâen donner une comprĂ©hension mĂ©taphysique on sâautoriserait alors ou de son savoir, ou de sa place. La notion dâautoritĂ© sâentend en exclusivitĂ© Ă la mĂ©taphysique, puisquâelle sâentend en exclusivitĂ© Ă la question des biens, comme on le voit non seulement dans le paradoxe des mauvais textes ce sont eux qui font lâauteur, puisque lâacceptation des bons va de soi, mais encore dans lâimpossibilitĂ© quâaucune dĂ©cision soit jamais justifiable. LâexclusivitĂ© de lâautoritĂ© et de la mĂ©taphysique entendue comme le discours du maĂźtre sera par consĂ©quent traduite par lâimpossibilitĂ© que lâautoritĂ© concerne jamais le service des biens, dans lequel prĂ©cisĂ©ment le maĂźtre sâimpose ce qui est une maniĂšre de dire que seul quelquâun qui ne compte pas peut valoir comme maĂźtre. Or la mĂ©taphysique, câest le discours de la raison celui de la lĂ©gitimitĂ© et de la reconnaissance rĂ©ciproque. Rien de moins lĂ©gitime que lâauteur, lui qui nous impose la vĂ©nĂ©ration de mauvais textes, et aussi rien de moins rĂ©ciproque le respect quâil inspire est justement le sentiment que nous Ă©prouvons de ne pas compter, en face de lui. LâexclusivitĂ© de lâautoritĂ© et de la mĂ©taphysique impose dâadmettre lâaberration originelle et ultime de toute autoritĂ© câest le mĂȘme de fonder une autoritĂ© et de la supprimer comme autoritĂ©. On ne sâautorise donc jamais que de sa propre folie. ConcrĂštement, on nâest un auteur quâĂ la condition de ne pas comprendre de ne pas pouvoir expliquer pourquoi on fait ceci plutĂŽt que cela, câest-Ă -dire quâĂ la condition de nâavoir jamais choisi ce que lâon fait. Et si lâacte de choisir consiste Ă dĂ©missionner de soi au profit du savoir, on peut dire que toute dĂ©cision est folle non seulement au sens oĂč elle a forcĂ©ment lieu sans le savoir injustifiable et prise en nous bien avant quâon puisse savoir quâelle a Ă©tĂ© prise mais encore oĂč lâon agit sans jamais avoir choisi dâagir ni dâagir comme on agit, et enfin au sens oĂč lâon agit forcĂ©ment en exclusivitĂ© du service des biens, qui est lâordre des choix. Rien lĂ que de trĂšs banal lâidĂ©e dâune bonne ou dâune mauvaise dĂ©cision est une contradiction dans les termes, et câest seulement par une opĂ©ration rĂ©flexive de conversion quâon pourra traiter une dĂ©cision comme si elle avait Ă©tĂ© un choix. Câest ce qui rend compte du paradoxe des mauvais textes qui sont ceux oĂč lâauteur apparaĂźt bien comme tel on les dit mauvais comme si lâon pouvait choisir selon des critĂšres alors que toute cette problĂ©matique ne compte pas, et que câest justement par cela que les textes en question font autoritĂ©. DâoĂč ce dernier paradoxe dâune part les auteurs produisent un savoir dont on ne peut rĂ©cuser la rĂ©alitĂ© Kant nous apprend ce quâil en est de la morale, par exemple et dâautre part, ils ne le font quâautorisĂ©s dâeux-mĂȘmes, dans la folie dâune position subjective quâon a suffisamment dĂ©finie en disant que le savoir ne compte pas le penseur pense, justement il ne compile pas des lectures. LâunitĂ© du savoir et de la folie dĂ©finissent donc la production de lâauteur. Il nây a dâautoritĂ© que folle et que violente, je le maintiens, mais de mĂȘme que toute dĂ©cision dĂ©cide forcĂ©ment de quelque chose par exemple dâune politique, de mĂȘme tout auteur dit forcĂ©ment quelque chose, ne serait-ce que son autoritĂ© par exemple une peinture qui ne reprĂ©sente rien et qui sâimpose dâelle-mĂȘme prĂ©cisĂ©ment comme acte pur de peindre. Folie et savoir sont donc insĂ©parables quand on pose la question de lâautoritĂ©. Evidemment, toute la question est de savoir de quoi on parle aussi bien Ă travers le premier terme que le second. Un savoir en exclusivitĂ© Ă lâenseignement. Le savoir des auteurs ne sâenseigne pas, au sens classique du terme, parce quâon nâenseigne seulement le savoir des autres. Je le dis plus simplement on nâenseigne jamais un savoir mais uniquement lâhistoire dâun savoir â y compris bien sĂ»r lâhistoire contemporaine de celui qui parle le professeur peut faire cours sur le dernier livre dâun penseur dont il est par ailleurs le contemporain. LâexclusivitĂ© du savoir et de lâenseignement nâest un paradoxe quâen apparence. Car si le » bon sens » pose quâon ne peut rien enseigner quand on ne sait pas, il le fait Ă lâencontre de toute lâhistoire de la pensĂ©e qui Ă©tait Ă chaque fois lâenseignement de gens qui ne savaient pas, puisquâils parlaient ou Ă©crivaient et ne rĂ©pĂ©taient pas. Ce nâest en effet pas du tout le mĂȘme dâĂȘtre un enseignant et dâavoir un enseignement Socrate ou Lacan avaient un enseignement, mais ils nâĂ©tait certes pas des enseignants. Inversement, on nâest un enseignement quâĂ nâavoir soi-mĂȘme strictement rien Ă enseigner. On ne peut donc pas ĂȘtre surpris de lâopposition que je prĂ©sente en disant quâil appartient Ă tout auteur de faire autoritĂ© câest-Ă -dire dâavoir un enseignement. En quoi je nâen fais pas une sorte de professeur mais Ă chaque fois le sujet paradoxal dâun savoir. Ce savoir, nous lâavons dĂ©jĂ pensĂ© Ă travers la question des » natures , dont le principe est quâelles procĂšdent du nom propre, lequel ne veut rien dire â nâest la position dâaucun savoir. le savoir de lâauteur est un savoir de pure nomination et en ce sens il ne dit absolument rien. Que la morale soit finalement de » nature » kantienne, ainsi que chacun lâadmet dĂšs quâil fait lâeffort de ne plus confondre la morale et lâĂ©thique, mais dâautre part câest une vĂ©ritĂ© qui ne veut rien dire. La derniĂšre vĂ©ritĂ©, ce quâil fallait finalement savoir, câĂ©tait le nom propre qui constitue le savoir prĂ©cisĂ©ment comme vĂ©ritĂ© et pas simplement comme savoir. VoilĂ lâautoritĂ© que le savoir sâentende selon le nom propre qui, comme tel, exclut le savoir. La violence et la folie dont je parlais pour opposer lâautoritĂ© Ă la mĂ©taphysique, on les trouve donc dans ce paradoxe du savoir qui en soit vraiment un autrement dit qui ne soit pas le savoir dâun maĂźtre â mais tout au contraire dâun auteur, de quelquâun qui est sa propre Ă©trangetĂ© et nâexiste que dans la surprise dâĂȘtre soi alors que, comme on sait, le maĂźtre est dâabord celui qui se maĂźtrise lui-mĂȘme La question de lâautoritĂ© est donc aussi bien celle dâun savoir qui est un savoir sans savoir et que pour cette raison jâappellerai le vrai savoir. On peut dire aussi le » gai » savoir. Le vrai savoir est le savoir dispensĂ© par lâauteur, par opposition au savoir rĂ©el dispensĂ© par lâenseignant, toujours asservi au domaine des biens. Avoir un enseignement et profĂ©rer le vrai savoir, câest par consĂ©quent la mĂȘme chose. Tout le contraire du fait dâĂȘtre un enseignant qui, lui, entend bien nous faire admettre comme rĂ©el cela dont il a le savoir. Le vrai savoir ne dit rien, ne sait rien, ne fait rien savoir, bien quâil soit indubitablement un savoir. Câest ce paradoxe qui a pu faire confondre lâauteur qui est toujours un gĂ©nie terme qui renvoie non pas Ă quelque » don » irresponsable mais Ă la seule Ă©thique dâĂȘtre soi avec le maĂźtre qui est toujours un mĂ©diocre, puisque câest de sa place quâil sâautorise pour parler ou pour agir. Le vrai savoir est le savoir ultime, celui des » natures » et câest de lui quâil sâagit quand nous rĂ©flĂ©chissons notre lecture dâun auteur. Câest le savoir de la reconnaissance personnelle dans une aberration qui se trouve prĂ©cisĂ©ment constituĂ©e par le savoir comme rĂ©ponse Ă la question qui. Car câest bien du seul nom propre que sâentend ce savoir â nom qui a, justement de ne rien vouloir dire, la capacitĂ© de rĂ©pondre Ă la question de savoir qui lâon est. Tout savoir â sauf justement le savoir de lâauteur â rĂ©pond Ă la question quoi. Par exemple exposer les variations du cours du blĂ© dans la seconde partie du dix-huitiĂšme siĂšcle, câest pour celui qui le fait rĂ©pondre Ă la question de ce quâil est un historien. Que Kant nous parle de la morale rĂ©pondrait pareillement Ă la question quoi câest un philosophe. Mais, au-delĂ de ce que nâimporte quel professeur peut nous en dire, il nâa, lui et en vĂ©ritĂ© et non plus en rĂ©alitĂ©, quâune seule chose Ă nous dire de la morale prĂ©cisĂ©ment quâil ne peut pas nous en dire la vĂ©ritĂ© et que par lĂ mĂȘme il est en train de nous la dire. Bref, la distinction du savoir rĂ©el et du savoir vrai est celle de lâimpossibilitĂ© subjective dont la notion de » nature » est le pendant en quelque sorte objectif. LâimpossibilitĂ© dans laquelle il se trouve de dire ce quâil doit finalement ou originellement dire, nous savons que câest le statut de lâauteur. De sorte que le savoir dont, comme auteur et non pas comme enseignant, il est la garantie, câest un savoir non pas sur mais de lâimpossibilitĂ© dâĂȘtre soi. Or soi, dans cet exemple, cela signifie simplement ĂȘtre Kant. Il Ă©tait Kant justement de ne pas pouvoir lâĂȘtre contrairement Ă un fou qui se serait pris pour Kant et câest par cette impossibilitĂ© sur laquelle il nâa pas cĂ©dĂ© que dĂšs lors il est un auteur. LâimpossibilitĂ© dâĂȘtre Kant Ă©tait sa pensĂ©e mĂȘme. Etre sa propre impossibilitĂ© sâappelle tout simplement la pensĂ©e, dont le corrĂ©lat est le vrai il peut bien nous dire ce que la morale est rĂ©ellement et cela est trĂšs important ; mais ce nâest pas cela qui compte, Ă propos de la morale nous voulons savoir ce quâelle est vraiment. Et nous le savons, dĂ©sormais elle est kantienne. Que par exemple un anthropologue montre la nĂ©cessitĂ© structurale de chacun des moments dont le philosophe aura montrĂ© la rĂ©alitĂ©, et nous saurons bien que ce nâest pas vraiment de la morale quâil parlera, bien quâen rĂ©alitĂ© il ne parlera pas dâautre chose Pas de vĂ©ritĂ© dans lâĂ©noncĂ©, puisque la vĂ©ritĂ© sâentend Ă lâencontre de la rĂ©alitĂ© sans quâil y ait pour autant rien Ă en ajouter ou Ă en retirer â de sorte que seul le nom impossible peut nous faire reconnaĂźtre pour vrai un Ă©noncĂ© dont par ailleurs lĂ oĂč ça ne compte pas un anthropologue peut nous montrer quâil correspond Ă la rĂ©alitĂ©. Pas de vĂ©ritĂ© non plus au niveau de lâĂ©nonciation lâanthropologue en question parlera depuis son savoir, câest-Ă -dire installĂ© dans la possibilitĂ© que lui confĂšre celui-ci dâĂȘtre un locuteur autorisĂ©. Lui ou personne, câest donc pareil, sauf quâil faut bien un vĂ©hicule, un truchement pour actualiser le savoir qui ne parle pas tout seul. Lâanthropologue est un enseignant mais Kant a un enseignement, pour reprendre la distinction dont je suis parti. LâexclusivitĂ© de la vĂ©ritĂ© et de lâexactitude dont nous avions parlĂ© il y a quelques semaines permet de penser le savoir de lâauteur, dans son opposition Ă tout autre savoir quâon imaginerait pouvoir lui substituer il faut que la rĂ©alitĂ© ne compte pas â ce qui implique Ă©videmment quâelle importe, tout savoir Ă©tant savoir de quelque chose. Ce que nous dit Kant de la morale importe au plus haut point, nous le savons tous, mais ce nâest pas ce qui compte pour que nous ayons le devoir de le lire ; car lâimportance de son savoir ne concerne que nous, notre curiositĂ© que nous avons Ă satisfaire ou la besogne professorale que nous devons assurer. Kant ne compte pas, dans ces misĂšres. Et sâil ne compte pas, on ne voit pas en quoi on pourrait le considĂ©rer comme un auteur, comme faisant autoritĂ©. Eh bien câest justement de le savoir que nous nous reconnaissons obligĂ©s Ă le lire, dâun savoir qui nâest donc pas le service de nos biens mais au contraire la reconnaissance dâune vĂ©ritĂ© dont ce service lui-mĂȘme aura ensuite Ă relever les importances irrĂ©cusables sont forcĂ©ment ordonnĂ©es Ă ce qui compte et devant quoi nous, nous ne comptons pas. Alors que câest lâĂ©tudiant qui compte dans le savoir du professeur ni les ouvrages quâil a lus, ni lui-mĂȘme comme somme subjective de ses lectures ou le lecteur dans celui de lâessayiste, nous savons, nous, quenous ne comptons pas quand nous lisons un auteur. Si aucun Ă©tudiant ne profite du cours dâun professeur, si satisfait que celui-ci ait pu ĂȘtre en le prĂ©parant, eh bien le cours est mauvais. Mais quâon ne soit pas marquĂ© par un auteur, cela ne concerne que nous, que notre mĂ©diocritĂ©. Ainsi apercevons-nous clairement en quel sens il faut opposer le savoir Ă lâenseignement, du moins dans son sens habituel qui consiste Ă faire de lâenseignĂ© lâinstance dĂ©cisive de ce qui aura Ă©tĂ© dit et par consĂ©quent aussi du sujet qui lâaura dit. Ce quâil faut retenir en somme de cette idĂ©e dâun savoir propre Ă lâauteur, câest son vide absolu le savoir des » natures , lesquelles sont des identifications ontologiques par un nom qui a pour dĂ©finition de nâapporter aucun savoir. Un savoir qui nâenseigne rien mais qui est vrai. Tel est le savoir de lâauteur. Lâauteur nâa jamais rien Ă dire, sinon justement ce qui ne peut pas ĂȘtre dit par lui mais par nâimporte qui dâautre. LâunicitĂ© de lâauteur est par consĂ©quent toute nĂ©gative on lâimagine dotĂ© dâune capacitĂ© extraordinaire alors que câest exactement le contraire qui est vrai il est le seul Ă ne pas pouvoir dire une certaine chose et par lĂ mĂȘme, pour nous tous qui le lisons et qui ne comptons pas devant lui, il est lâunique. Le paradoxe extrĂȘme dâune constitution par la vĂ©ritĂ© Lâunique, câest celui qui nâa pas de semblable celui dont la semblance nâest pas lâordre naturel. Il est bien un semblable un humain, pĂšre de famille, automobiliste, contribuable et tout ce quâon voudra dâautre, mais ça ne compte pas, de sorte que câest aussi bien relativement Ă lui-mĂȘme, en exclusivitĂ© de soi, quâil est lâunique. Un sujet semblable et donc comprĂ©hensible â et par ailleurs un vrai sujet, Ă©tranger Ă nous autant quâil lâest Ă lui-mĂȘme. Devant lui nous ne comptons mais, mais lui non plus. Ne pas compter quand il sâagit vraiment de soi, tel est le paradoxe subjectif de lâautoritĂ© par exemple, il nây avait pas de Charles en De Gaulle â dâaprĂšs Malraux. On pourrait parler de sacrifice de la vie Ă la vĂ©ritĂ©, ou encore de lâinstallation dâune diffĂ©rence entre le sujet pur et le sujet empirique, mais il ne sâagit pas de cela seulement de lâimpossibilitĂ©, telle quâon lâexprime en termes positifs quand nous disons quâil appartient Ă la vĂ©ritĂ© de ne lâĂȘtre quâen vĂ©ritĂ©, câest-Ă -dire quâen impossible antĂ©rioritĂ© Ă elle-mĂȘme. Depuis toujours un mot manquait pour que la signification soit totale ou, si lâon prĂ©fĂšre user dâun langage lacanien, pour que lâAutre assure le sens. Lâauteur est celui qui sâest installĂ© dans ce manque, et qui ne se paiera pas de mots notamment quand le nom qui est commun Ă toute sa famille aura la prĂ©tention dây rĂ©pondre. La propriĂ©tĂ© du nom est lâimpossibilitĂ© de la rĂ©ponse qui assurerait la signification ou, dirais-je plutĂŽt, qui rĂ©pondrait enfin Ă la question de savoir qui lâon est parce que la rĂ©ponse quâelle donnerait, dâĂȘtre commune, dirait seulement ce que lâon est ou la place quâon occupe. Jâinsiste sur le paradoxe de cette question, celle qui renvoie au savoir dont je viens de parler et qui est en propre le savoir de lâauteur â celui de son enseignement parce quâil ne peut pas ĂȘtre celui dont il serait lâenseignant. Lâunique ne peut pas relever, quant au savoir dont sa question est lâexigence, dâune rĂ©ponse commune bien que par ailleurs il appartienne Ă toute rĂ©ponse dâĂȘtre commune. Parler dâun savoir rĂ©pondant Ă la question qui paraĂźt bien une contradiction dans les termes, puisquâil nây a de savoir que de quelque chose et non pas de quelquâun, par exemple un sujet. Le nom propre et sa vacuitĂ© lĂšvent la difficultĂ©. Dâun autre cĂŽtĂ©, la question de savoir qui lâon est insiste toujours, et par consĂ©quent aussi lâĂ©ventualitĂ© du savoir dont elle est par dĂ©finition lâexigence. Ce paradoxe ouvre alors sur cette solution inouĂŻe dont je parle celle dâun savoir qui, comme savoir de quelque chose, ne compte pas et qui, comme savoir de quelquâun, ne soit savoir de rien. Câest ce paradoxe que jâindiquais dĂ©jĂ en disant que lâauteur pouvait bien ĂȘtre sujet comme tout le monde mais que par lĂ mĂȘme sa rĂ©alitĂ© de sujet ne comptait pas Ă lâunique il nâappartient pas dâĂȘtre rĂ©ellementsujet, mais de lâĂȘtre vraiment. DâoĂč cette nĂ©cessitĂ© que le savoir le concernant soit savoir de la diffĂ©rence vĂ©ritative. Dans le savoir de lâauteur, il est forcĂ©ment question de lâimpossibilitĂ© de jamais rĂ©duire la vĂ©ritĂ© Ă la rĂ©alitĂ© et câest de cette impossibilitĂ© quâil sâagit expressĂ©ment quand on parle dâautoritĂ©. Le savoir donc je viens de parler et qui nâest littĂ©ralement savoir de rien parce que les natures effectuent le nom propre dont la dĂ©finition est justement dâexclure toute signification, est-ce quâil nâest pas par lĂ mĂȘmežcâest-Ă -dire dans son paradoxe de ne pas ĂȘtre savoir de quelque chose, le savoir de la vĂ©ritĂ© ? Et cela, je le rapporte Ă ce que nous savons depuis longtemps que la diffĂ©rence entre quelque chose notamment un sujet et quelquâun, câest la vĂ©ritĂ© ! La vĂ©ritĂ© qui nâest la vĂ©ritĂ© quâen vĂ©ritĂ©, dont il nây a pas de vĂ©ritĂ©. Bref, lâimpossibilitĂ© de la vĂ©ritĂ© cause la vĂ©ritĂ© prĂ©cisĂ©ment comme telle câest-Ă -dire comme autorisĂ©e â dĂšs lors dâun nom propre, dâun nom qui ne peut en aucune maniĂšre constituer une raison sur laquelle la vĂ©ritĂ© pourrait tabler dâune maniĂšre mĂ©taphysique pour ĂȘtre rĂ©ellement la vĂ©ritĂ©. Car il nây a de vĂ©ritĂ© que vraiment â ce qui revient aussi bien Ă dire quâil nây en a en fait pas du tout, ainsi quâen tĂ©moigne le scandale mĂ©taphysique des mauvais textes lâautoritĂ© nâest pas une sorte de force. Cela dit la nĂ©cessitĂ© pour la vraie parole de ne pas ĂȘtre sans objet de mĂȘme quâil faut distinguer entre ignorer et nâĂȘtre pas sans savoir, il faut distinguer entre avoir un objet et nâĂȘtre pas sans objet impose quâon reconnaisse Ă celui-ci une constitution dont le paradoxe est quâelle soit constitution par la vĂ©ritĂ© alors que la notion de constitution est habituellement rĂ©servĂ©e Ă la dĂ©possession subjective. Cette constitution est paradoxale Ă lâextrĂȘme, puisque les notions de constitution et de vĂ©ritĂ© se dĂ©finissent quasiment dâĂȘtre en exclusivitĂ© lâune de lâautre lâobjet oĂč mon savoir se rĂ©alise littĂ©ralement nâest pas la » chose en soi » de sorte que sa rĂ©alitĂ© nâest finalement rien dâautre, comme on le voit dans lâidĂ©alisme rĂ©flexif dont nous sommes tous structurellement partisans puisquâil est la rĂ©flexivitĂ© mĂȘme, que la rĂ©alisation du sujet dĂ©fini par le savoir. Ce sujet, moi je dis que câest le sujet de la trahison câest le sujet du choix dont le savoir est le vĂ©ritable sujet, Ă la place de celui qui sâimagine poser un acte. Le sujet de la dĂ©cision, tout au contraire, ne sâentend quâĂ ce que le savoir ne compte pas lâimpĂ©ratif » dĂ©cidez-vous ! » signifie concrĂštement » laissez en arriĂšre le savoir et prenez enfin vos responsabilitĂ©s ! . Bref, on peut dire que câest le mĂ©diocre celui que nâimporte qui aurait Ă©tĂ© Ă la mĂȘme place ou encore lâ » en tant que . Lâordre du transcendantal est celui de cette mĂ©diocritĂ© dont lâaspect en quelque sorte objectif a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par nous quand nous nous sommes aperçus que la morale, qui en est lâeffectuation impossible de nâĂȘtre pas kantien sur ce point pouvait se ramener Ă cette idĂ©e que lâautre humain, animal, rĂ©el ne comptait pas puisquâen lâautre homme, câest lâhumanitĂ© qui compte et donc pas lui, dans lâaberration originelle de son irrĂ©ductible altĂ©ritĂ© Ă lâhumain. Nous savons aussi que cette » mĂ©diocritĂ© » câest mon terme est intenable, et jâinterprĂšte la troisiĂšme critique de Kant Ă partir de ce caractĂšre. Mais peu importe ici retenons simplement que » constituer , au sens transcendantal, signifie dĂ©possĂ©der du statut de sujet et par consĂ©quent exclure toute Ă©ventualitĂ© dâavoir jamais affaire au vrai â puisquâil nây a rien dâautre Ă en dire que ceci il est le sujet de la vĂ©ritĂ©. Quand donc on parle dâune constitution par la vĂ©ritĂ©, il semble quâon pose tout simplement une contradiction dans les termes. Sauf, peut-ĂȘtre, Ă lâissue dâune rĂ©flexion assez longue sur cette notion de vĂ©ritĂ©, dont nous avons reconnu quâelle renvoyait toujours Ă lâautoritĂ© â si lâon nomme vrai cela qui est autorisĂ© Ă ĂȘtre lui-mĂȘme le sujet de la vĂ©ritĂ© ce que jâappelle lâantĂ©rioritĂ© vĂ©ritative de la vĂ©ritĂ© Ă elle-mĂȘme. Eh bien cette constitution par la vĂ©ritĂ©, câest tout simplement le savoir de lâauteur celui dâun sujet parlant qui a un enseignement dont seul le nom de celui qui parle est la garantie. Bref, on a compris que le vrai savoir, câest le savoir des » natures » dans lâimpossibilitĂ© quâil soit jamais admis comme tel par celui qui le pose. Kant, lui, peut seulementparler de la morale dans lâimpossibilitĂ© originelle dâen dire Ă la fois le dernier mot et la vĂ©ritĂ© â Ă savoir prĂ©cisĂ©ment quâelle est kantienne. Et câest de cette impossibilitĂ© du dernier mot que sa parole est vraie. Eh bien cette parole vraie, quand elle porte sur la morale, elle la dit en vĂ©ritĂ© ! Le savoir que Kant nous dispense sur la morale est un vrai savoir et concerne vraiment la morale â alors que le savoir anonyme dâun professeur nâest quâun savoir rĂ©el qui ne concerne rien de vrai, toujours dĂ©jĂ supplantĂ© quâil est par le nouveau savoir dĂ©jĂ en train de sâĂ©laborer par ailleurs. Le savoir de lâauteur qui tient au dernier mot alors que le savoir habituel sâentend dâexclure le dernier mot lequel fait toute la diffĂ©rence entre savoir qui est possible et tout savoir qui est impossible est pour cette raison constituant dâun objet dĂšs lors lui-mĂȘme vrai. Vrai, cela signifie sujet de sa propre vĂ©ritĂ© et non pas constituĂ©. Bref, pour penser le savoir de lâauteur il suffit de dire, par exemple, que Kant a autorisĂ© la morale Ă ĂȘtre enfin sujet de sa vĂ©ritĂ©. La morale antique de recherche du bien nâest pas la vraie morale, celle quâon appelle kantienne, oui. VoilĂ , câest trĂšs simplement quâon rĂ©sout le paradoxe de la constitution de lâobjet par la vĂ©ritĂ© en posant lâantĂ©rioritĂ© de la vĂ©ritĂ© Ă elle-mĂȘme sous le nom dâautorisation. Et celui qui autorise, forcĂ©ment, câest lâauteur. Ce que nous devons aux auteurs MĂ©taphysiquement , on peut sâinterroger quâavons-nous besoin des auteurs ? En fait, câest-Ă -dire touchant la rĂ©alitĂ© des choses et les raisons dâadmettre les discours, nous nâen avons aucun besoin ! Les » derniers hommes » le savent, qui ne respectent rien et plaignent la rĂ©vĂ©rence dont on faisait preuve, dans le passĂ© eux, au moins, ils ne sont plus dupes de rien ils ne cessent de » cligner de lâĆil ; je dirai quâils ne le sont notamment pas dâun nom qui, par sa seule invocation, imposait la conservation de mauvais textes ! Aux Ă©poques dâignorance lointaine, on rĂ©vĂ©rait, on craignait, on respectait. Et Ă quoi tout cela correspond-il ? A rien, câest Ă©vident. Ils en ont pris conscience et se sont ainsi libĂ©rĂ©s, dĂ©sormais disponibles pour une vie qui ne soit plus que le service des biens parce quâen effet il nây a rien dâautre qui puisse importer. En quoi ils sont bien les derniers hommes, si lâhomme est lâanimal mĂ©taphysique la mĂ©taphysique enfin rĂ©elle, câest tout bonnement la vie qui est Ă elle-mĂȘme sa propre norme et sa propre nĂ©cessitĂ©. Ils ont donc bien » inventĂ© le bonheur . LâĂ©poque des derniers hommes, celle du tourisme gĂ©nĂ©ralisĂ©, celle de la santĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e et du corps toujours » performant , celle de la » guerre zĂ©ro mort » y compris chez lâennemi auquel on dĂ©pĂȘche des Ă©quipes humanitaires on pourrait trouver une multitude dâautres exemples â dont nul nâa le droit de dire quâils sont malheureux, câest lâĂ©poque oĂč la notion mĂȘme dâauteur dâautoritĂ© nâa plus de sens, et oĂč lâon considĂšre avec une commisĂ©ration amusĂ©e les gens des Ă©poques antĂ©rieures qui nâĂ©taient pas des Ă©poques dâĂ©galitĂ© entre les hommes et de disponibilitĂ© gĂ©nĂ©rale de toutes les choses câest dâune notion, celle dâautoritĂ©, quâils Ă©taient dupes ! Dâun simple mot, en somme. Si lâunitĂ© que la vie est finalement avec elle-mĂȘme est le critĂšre rĂ©el la vie se doit de nâĂȘtre pas souffrance, de nâĂȘtre pas douleur, dâĂ©radiquer jusquâĂ lâidĂ©e de la mort, autrement dit si lâon est enfin parvenu Ă une notion immanente de lâaccomplissement, alors il est Ă©vident quâil ne peut plus y avoir dâauteurs. Et de fait, lâĂąge de lâĂ©galitĂ© dĂ©mocratique et de lâuniverselle dignitĂ© des expressions impose quâon ne fasse pas de hiĂ©rarchie, et que les bavardages journalistiques, les graffitis muraux ou les vers de Racine soient mis sur le mĂȘme plan chacune dans son ordre, ces expressions sont authentiques et par lĂ mĂȘme Ă©galement dignes de considĂ©ration. LâidĂ©e dâauteur est celle dâune imposture â thĂšse qui suffirait peut-ĂȘtre Ă cerner la notion nietzschĂ©enne des derniers hommes. En quoi jâai peut-ĂȘtre rĂ©pondu Ă la question de savoir ce que nous devons aux auteurs ils nous donnent lâabsolue irrĂ©ductibilitĂ© de la vĂ©ritĂ© Ă lâauthenticitĂ©. IrrĂ©ductibilitĂ© qui rendraient les derniers hommes fous de rage si elle ne leur inspirait, par commisĂ©ration envers nous, le dĂ©sir humanitaire de nous guĂ©rir. Ma vĂ©ritĂ© nâest pas mon authenticitĂ© et ce nâest pas Ă mâexprimer sincĂšrement ni Ă me tenir au plus prĂšs de mes » racines » que jâaurai la plus petite chance dâĂȘtre moins mĂ©diocre que moi-mĂȘme. Bien au contraire, puisquâen dĂ©cidant ainsi dâĂȘtre ma propre familiaritĂ© mes sentiments » profonds , mon histoire nationale, rĂ©gionale, familiale, etc. je mâinterdirai expressĂ©ment de me chercher dans ma propre Ă©trangetĂ©, câest-Ă -dire lĂ oĂč il est pour toujours impossible que je me comprenne⊠Et pourtant je sais bien que les seuls moments qui ont comptĂ© dans ma vie, ceux qui font quâelle est vraiment la mienne, se sont en quelque sorte passĂ©s sans moi. Or comment reconnaĂźtrais-je pour moi-mĂȘme une vĂ©ritĂ© de cet ordre, si lâĂ©trangetĂ© ne mâavait pas Ă©tĂ© donnĂ©e sous la forme de lâimpossibilitĂ© de la semblance ? Je le dis plus concrĂštement il ne peut pas y avoir de promesse ou de pardon venant dâun autre qui soit mon semblable, parce que je sais bien, moi qui suis le semblable de tous mes semblables, quâil mâest aussi impossible quâĂ eux de promettre que de pardonner ! Je peux juste mâengager et passer lâĂ©ponge, comme on dit familiĂšrement. Quâen serait-il en effet dans lâun et lâautre cas, sinon de la mĂȘme absurditĂ© que la rĂ©alitĂ© ne compte pas ! Il nây a de promesse, je lâai souvent dit, que dans le rejet des raisons de ne pas tenir parole qui tissent la rĂ©alitĂ© et, Ă©minemment, que dans le rejet de la meilleure de raisons quâon soit mort le moment venu. Celui qui aime, si lâon mâaccorde quâaimer câest promettre dâaimer, aimera encore quand il sera mort. Les situations changent, les sentiments changent, mais la parole donnĂ©e a Ă©tĂ© donnĂ©e et cela, on ne peut pas le changer. Les derniers hommes sâesclaffent fou qui sâen tient Ă cette nĂ©cessitĂ© ! Quâest-ce que câest que cette histoire dâaimer encore une fois quâon est mort, si câest bien de la mort quâon parle et non pas dâune quelconque Ă©ternitĂ© ou immortalitĂ© religieusement consolatrice ? On voit bien que si une personne peut promettre, par opposition Ă sâengager oĂč câest toujours la rĂ©alitĂ© qui dĂ©cide je mâengage Ă faire telle action demain, sauf Ă©videmment si la rĂ©alitĂ© me met dans lâincapacitĂ© de faire ce que jâai dit, câest quâelle a quelque jour rencontrĂ© quelquâun pour qui la rĂ©alitĂ©, pour importante quâelle soit, ne comptait pas. Et comment dĂ©signer cette position, sinon en mentionnant une autoritĂ© ? Il a bien fallu que quelquâun sâautorise de lui-mĂȘme et non pas des possibilitĂ©s que la rĂ©alitĂ© continuait ou non de lui offrir, et quâil opĂšre ainsi une rupture littĂ©ralement dĂ©cisive entre la rĂ©alitĂ© de ce qui importe et la vĂ©ritĂ© de ce qui compte. Une sociĂ©tĂ© sans autoritĂ©, câest-Ă -dire dĂ©mocratique au sens nietzschĂ©en du terme lâindĂ©finie multiplicitĂ© des nâimporte qui, câest une sociĂ©tĂ© oĂč les idĂ©es de promesse ou de pardon sont simplement grotesques on ne promet pas mais on sâengage dans des Ă©changes, on ne pardonne pas le mal qui a Ă©tĂ© fait, on le » thĂ©rapeute » je reprends lâexpression Ă Lacan, pour qui » lâinconscient ne se thĂ©rapeute pas . Aux auteurs, câest donc indistinctement la vĂ©ritĂ© contre la rĂ©alitĂ© que nous devons, et le mal contre le malheur Ă commencer bien sĂ»r par celui dâĂȘtre mĂ©chant, qui relĂšve comme chacun sait depuis Rousseau â par lĂ prĂ©curseur des » derniers hommes » â dâune causalitĂ© politique et qui se thĂ©rapeute dans une multitude de dispositifs sociaux et mĂ©dicaux. On peut reconnaĂźtre des auteurs dans tous les domaines oĂč une chose soit expressĂ©ment lâacte dâun sujet dont lâimpossibilitĂ© Ă soi implique, pour cette chose, quâelle nâait pas pour vĂ©ritĂ© dâen ĂȘtre lâexpression mais â Ă nommer ainsi lâextĂ©rioritĂ© Ă tout savoir â dâexister. Bref, avec le mal et la vĂ©ritĂ©, câest lâexistence que nous devons aux auteurs. Non pas que les choses nâexistent pas sans eux, mais leur existence importe et ne compte pas. Si je veux dessiner, il est par exemple certain que le papier et le crayon doivent exister ! ou plus exactement il faut bien quâils existent ce qui, comme on sait, devient de moins en moins nĂ©cessaire. Lâexistence ne compte pas mais elle importe parce quâelle est une condition et, si lâon veut entendre la question dâune maniĂšre mĂ©taphysique, la premiĂšre des conditions avant tout, il faut bien que quelque chose existe en gĂ©nĂ©ral. Or ce nâest pas Ă titre de condition que nous reconnaissons lâexistence de la Joconde, par exemple la reconnaĂźtre comme Ćuvre, câest prĂ©cisĂ©ment ne pas admettre son existence comme une condition Ă la fois mĂ©taphysique et triviale pour que nous puissions profiter dâune belle image et dâun document historique intĂ©ressant. Non, dans la Joconde, au-delĂ de tout le savoir quâon peut produire sur elle, ce qui compte câest quâelle existe ! VoilĂ ce que LĂ©onard nous a donnĂ©, et il lâa fait trĂšs concrĂštement, en ce sens que ce nâest pas de lâexistence en gĂ©nĂ©ral quâil sâagit dans cette finalitĂ© de notre jugement qui nâen est dĂšs lors plus un⊠mais bien de lâexistence propre câest bien de lâexistence dont elle est le sujet et non pas dont elle serait un moment comme nâimporte quoi est un moment de lâexistence en gĂ©nĂ©ral quâil sâagit. Car donner lâexistence, câest la donner non pas comme un Ă©tat gĂ©nĂ©ral supposĂ© par tous les autres, mais prĂ©cisĂ©ment comme lâacte de son sujet, lâacte de lâexistant lui-mĂȘme que dĂšs lors on dira vrai. Pas de diffĂ©rence, pour la Joconde, entre exister, ĂȘtre sujet de sa propre existence et sâoffrir Ă la rĂ©flexion comme la rĂ©solution de la question de lâexistence. LĂ©onard est son auteur parce quâil a autorisĂ© ce tableau Ă ĂȘtre le sujet de sa vĂ©ritĂ© dĂšs lors propre â lâautoritĂ© nâĂ©tant rien dâautre, je le rĂ©pĂšte en ce dernier cours, que lâimpossible antĂ©rioritĂ© vĂ©ritative de la vĂ©ritĂ© Ă elle-mĂȘme il faut que le vrai soit autorisĂ© Ă ĂȘtre le sujet de la vĂ©ritĂ©, laquelle lâest dĂšs lors vraiment. Et comment pourrions-nous opposer notre vie Ă notre existence, lâanonymat de vivre et la butĂ©e dâexister, si rien ne nous avait appris Ă distinguer celle-ci de celle-lĂ , et si personne nâavait, dâautoritĂ©, imposĂ© cette distinction ? On appelle auteur le sujet qui est vrai et non pas authentique ! et qui, Ă lâinstar dâĆdipe, nâa pas reculĂ© devant la question quâil Ă©tait pour lui-mĂȘme. Cette question, une fois admise la dĂ©finition de lâautoritĂ© comme vĂ©ritĂ© et donc Ă©trangetĂ© du sujet, câest forcĂ©ment la question de la vĂ©ritĂ©. DâoĂč cette dĂ©finition toute simple on appelle auteur celui qui nâa pas reculĂ© devant la question de la vĂ©ritĂ©, qui accĂšde immĂ©diatement Ă sa dimension philosophique dĂšs lors que nous reconnaissons ce truisme que toute question est une exigence de rĂ©ponse. Ne pas reculer devant la question de la vĂ©ritĂ©, câest ne pas reculer devant la nĂ©cessitĂ© dây rĂ©pondre. VoilĂ ce que câest quâun auteur, concrĂštement. Le savoir des auteurs, câest la rĂ©ponse quâils donnent Ă une question qui nâest finalement pas celle de la rĂ©alitĂ© ils le font par ailleurs, lĂ oĂč ça ne compte pas mais bien celle de vĂ©ritĂ© le dernier mot du vrai savoir, câest le fin mot de lâĂ©nigme que lâauteur est dĂ©finitivement pour lui-mĂȘme. Il y a une nĂ©cessitĂ© de rĂ©pondre ; la plupart des humains lâesquivent â parfois dans la dĂ©sinvolture, souvent dans la haine. On appelle auteur celui qui ne lâesquive pas. Câest pourquoi la question est exclusivement Ă©thique. RĂ©pondre de quoi ? De la vĂ©ritĂ© dont il sâagit de produire le savoir. Il me semble possible dâarrĂȘter sur ce mot cette trĂšs longue sĂ©rie sur lâauteur et sur lâautoritĂ©. La prochaine annĂ©e, que jâenvisage trĂšs diffĂ©rente dans son organisation, commencera dans la seconde partie du mois dâoctobre. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite de bonnes vacances.
Citation chercher la verite DĂ©couvrez une citation chercher la verite - un dicton, une parole, un bon mot, un proverbe, une citation ou phrase chercher la verite issus de livres, discours ou entretiens. Une SĂ©lection de 30 citations et proverbes sur le thĂšme chercher la verite. 30 citations > Citation de Thucydide n° 16071 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesLa vĂ©ritĂ©, c'est de chercher toujours la 1920 de Romain RollandRĂ©fĂ©rences de Romain Rolland - Biographie de Romain RollandPlus sur cette citation >> Citation de Romain Rolland n° 15047 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesDans le service de la vĂ©ritĂ©, il est plus important de la chercher que de l'avoir trouvĂ©e. de AndrĂ© SiegfriedRĂ©fĂ©rences de AndrĂ© Siegfried - Biographie de AndrĂ© SiegfriedPlus sur cette citation >> Citation de AndrĂ© Siegfried n° 11179 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLe courage, c'est de chercher la vĂ©ritĂ© et de la Ă la jeunesse prononcĂ© Ă Albi en Juillet 1903 de Jean JaurĂšsRĂ©fĂ©rences de Jean JaurĂšs - Biographie de Jean JaurĂšsPlus sur cette citation >> Citation de Jean JaurĂšs n° 7618 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLe grand tort que nous avons, nous autres femmes, c'est, pour amant, de chercher toujours un homme que nous aimons, alors que la vĂ©ritĂ© serait d'en chercher un qui nous main passe ! de Georges FeydeauRĂ©fĂ©rences de Georges Feydeau - Biographie de Georges FeydeauPlus sur cette citation >> Citation de Georges Feydeau n° 6241 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesPour ceux qui vont chercher midi Ă 14 heures, la minute de vĂ©ritĂ© risque de se faire attendre Ă moelle de Pierre DacRĂ©fĂ©rences de Pierre Dac - Biographie de Pierre DacPlus sur cette citation >> Citation de Pierre Dac n° 4974 - Ajouter Ă mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votes< 1Votre commentaire sur ces citations ThĂšmes populaires + Autres belles citations et proverbes sur chercher la verite Toutes les citations sur chercher la verite Citations chercher la verite Citation sur chercher Citations courtes chercher PoĂšmes chercher la verite Proverbes chercher la verite Etendez votre recherche avec le dictionnaire des dĂ©finitionsCitation et amour Citation sur l'amour Citation l'amitiĂ© Citation la vie Citation le bonheur Citation la femme citation le couple Citation la sagesse Ciation la tristesse Citation la mort Citation la nature Citation sur l'absence Citation le manque Citation l'enfance Age Animal AmitiĂ© Amour Art Avenir BeautĂ© Avoir Bonheur Conscience Couple Confiance Courage Culture DĂ©sir Dieu Education Enfant Espoir Etre Faire Famille Femme Guerre Homme Humour Jeunesse Joie Justice LibertĂ© Mariage MĂ©re Monde Morale Naissance Nature Paix Passion PĂšre Peur Plaisir Politique Raison Religion RĂȘve Richesse Sagesse Savoir Science SĂ©duction SociĂ©tĂ© Souffrance Sport Temps TolĂ©rance Travail VĂ©ritĂ© Vie Vieillesse Voyage
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